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Portage salarial : définition et avantages

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Portage salarial : définition et avantages - Guide Freelance

Le portage salarial est une forme d'emploi tripartite qui permet à un professionnel indépendant d'exercer son activité tout en bénéficiant du statut de salarié. En 2026, plus de 200 000 consultants ont choisi ce statut en France, générant un chiffre d'affaires cumulé de 2,4 milliards d'euros. Le portage salarial séduit par sa combinaison unique : la liberté du freelance avec la sécurité du salariat. Mais comment fonctionne concrètement une société de portage ? Quels sont les vrais avantages et les frais cachés ? Ce guide complet vous explique tout sur le portage salarial en 2026.

Définition du portage salarial — cadre légal

Le portage salarial est défini par l'article L.1254-1 du Code du travail comme « un ensemble de relations contractuelles organisées entre une entreprise de portage, une personne portée et des entreprises clientes ». Concrètement, un professionnel autonome (le salarié porté) trouve ses propres missions auprès d'entreprises clientes, tandis qu'une société de portage se charge de la facturation, du versement du salaire et de toutes les obligations administratives.

Le cadre légal du portage salarial repose sur plusieurs textes fondateurs. L'ordonnance n°2015-380 du 2 avril 2015 a posé les bases juridiques du dispositif, ratifiée par la loi n°2016-1088 du 8 août 2016 (loi El Khomri). La convention collective nationale du portage salarial, signée le 22 mars 2017 et étendue par arrêté du 28 avril 2017, fixe les conditions d'emploi, de rémunération et de classification des salariés portés.

En 2026, le portage salarial est encadré par des garanties strictes : les sociétés de portage doivent détenir une garantie financière couvrant les salaires et charges sociales, souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle, et respecter les minima salariaux définis par la convention collective. Seules les entreprises déclarées auprès de la DREETS (ex-DIRECCTE) peuvent exercer l'activité de portage.

Les 3 textes fondateurs du portage salarial

Le portage salarial n'a pas toujours eu de cadre légal. Créé dans les années 1980, il a longtemps fonctionné dans un vide juridique. Aujourd'hui, trois textes structurent le dispositif :

  • Ordonnance du 2 avril 2015 — définit les conditions d'exercice et les obligations des sociétés de portage
  • Loi El Khomri du 8 août 2016 — ratifie l'ordonnance et renforce la protection des salariés portés
  • Convention collective du 22 mars 2017 — fixe les grilles salariales, les classifications et les droits des portés

Comment fonctionne le portage salarial

Le portage salarial repose sur une relation tripartite impliquant trois acteurs : le salarié porté, la société de portage et l'entreprise cliente. Cette organisation contractuelle spécifique distingue le portage salarial de toutes les autres formes d'emploi.

Schéma du fonctionnement tripartite du portage salarial

Les trois acteurs du portage salarial

Le salarié porté est un professionnel autonome qui prospecte et négocie directement ses missions auprès des entreprises clientes. Il choisit ses clients, fixe ses tarifs et organise librement son travail. Le salarié porté doit justifier d'une expertise, d'une qualification et d'une autonomie dans la recherche de clientèle. La convention collective impose un niveau de qualification minimum de bac+2 ou 3 ans d'expérience dans le domaine d'activité.

La société de portage joue le rôle d'employeur légal du salarié porté. Elle établit le contrat de travail (CDI ou CDD), facture les prestations aux entreprises clientes, collecte le chiffre d'affaires, prélève ses frais de gestion, verse les cotisations sociales et paie le salaire net au consultant. La société de portage assume la responsabilité juridique de l'emploi et fournit une garantie financière.

L'entreprise cliente bénéficie de la prestation du salarié porté sans le recruter directement. Elle signe un contrat commercial de prestation avec la société de portage et règle les factures correspondantes. L'entreprise cliente n'a aucune obligation sociale ou administrative vis-à-vis du consultant porté.

Les trois contrats du portage salarial

Le fonctionnement du portage salarial s'articule autour de trois contrats distincts :

Contrat Parties Objet Durée
Contrat de travail Société de portage ↔ Salarié porté CDI ou CDD, définit les conditions d'emploi Indéterminée (CDI) ou max 18 mois (CDD)
Contrat commercial Société de portage ↔ Entreprise cliente Prestation de services, tarif, conditions Durée de la mission (max 36 mois)
Convention d'adhésion Société de portage ↔ Salarié porté Conditions générales du portage, frais de gestion Liée au contrat de travail

Le parcours d'une mission en portage salarial

Le processus se déroule en étapes claires. Le consultant prospecte et identifie une mission auprès d'un client potentiel. Il négocie les conditions (tarif, durée, périmètre) puis transmet les éléments à sa société de portage. Celle-ci rédige le contrat commercial et le contrat de travail. Le consultant réalise la prestation, établit un compte rendu d'activité mensuel, et la société de portage facture le client. À réception du paiement, la société prélève ses frais de gestion (8 à 12%), verse les cotisations sociales patronales et salariales, et paie le salaire net au consultant.

Point clé : le TJM minimum

Pour que le portage salarial soit viable économiquement, le salarié porté doit facturer un taux journalier moyen (TJM) suffisant pour couvrir les frais de gestion, les cotisations sociales et dégager un salaire décent. En 2026, le TJM minimum recommandé est d'environ 300 € HT par jour, soit environ 250 € après frais de gestion. En dessous, le statut d'auto-entrepreneur est plus adapté.

Avantages du portage salarial

Le portage salarial offre une combinaison unique d'avantages qui explique sa croissance constante depuis 10 ans. Le secteur connaît une progression annuelle de 15 à 20% du nombre de salariés portés, preuve de l'attractivité du modèle pour les professionnels indépendants.

Protection sociale complète

Le principal avantage du portage salarial est l'accès à la protection sociale du régime général. Le salarié porté bénéficie de la même couverture qu'un salarié classique : assurance maladie-maternité, prévoyance (invalidité, décès), retraite de base et complémentaire (AGIRC-ARRCO), mutuelle d'entreprise obligatoire et, surtout, assurance chômage. Ce dernier point constitue un avantage décisif par rapport au freelance classique qui ne cotise pas au chômage.

En fin de mission, si le salarié porté ne retrouve pas de nouvelle prestation, il peut bénéficier de l'allocation de retour à l'emploi (ARE) versée par France Travail, sous réserve d'avoir travaillé suffisamment de mois au cours des 24 derniers mois. Cette sécurité est particulièrement appréciée des consultants en transition professionnelle.

Simplicité administrative

Le salarié porté n'a aucune structure juridique à créer ni à gérer. Pas d'immatriculation au registre du commerce, pas de comptabilité à tenir, pas de déclarations fiscales complexes, pas de CFE à payer. La société de portage gère l'intégralité de l'administratif : facturation clients, encaissement, déclarations URSSAF, bulletins de paie, DSN (déclaration sociale nominative), attestations employeur.

Cette simplification est particulièrement précieuse pour les professionnels qui souhaitent se concentrer exclusivement sur leur cœur de métier. Un consultant IT, un formateur ou un expert en management n'a pas à se soucier de la gestion d'entreprise — il prospecte, il travaille, il est payé.

Le CDI en portage salarial

Le portage salarial permet de signer un CDI avec la société de portage. Ce CDI dit « atypique » offre des avantages concrets dans la vie quotidienne : facilité d'obtention d'un prêt immobilier, caution locative plus simple, meilleure image auprès des institutions financières. Le CDI en portage salarial est un argument de poids face aux banques qui refusent souvent les dossiers d'auto-entrepreneurs ou de gérants de société.

Avantage Détail Impact concret
Protection sociale Régime général complet Maladie, retraite, chômage, mutuelle
Simplicité Zéro gestion administrative Pas de comptabilité, pas de déclarations
CDI possible Contrat à durée indéterminée Prêt immobilier, caution, stabilité
Assurance chômage Cotisation ARE incluse Filet de sécurité entre deux missions
Formation CPF, plan de formation Montée en compétences financée
RC Pro Assurée par la société de portage Protection en cas de litige client

Autres avantages notables

Le portage salarial offre également l'accès à la formation professionnelle via le CPF (Compte Personnel de Formation) et le plan de formation de la société de portage. Les cotisations formation permettent de financer des montées en compétences régulières, un atout dans des secteurs en évolution rapide comme le digital ou l'IT.

L'assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) est systématiquement incluse dans les services de la société de portage. En freelance classique, cette assurance représente un coût annuel de 300 à 1 500 € selon l'activité. En portage, elle est mutualisée et intégrée dans les frais de gestion.

Enfin, de nombreuses sociétés de portage proposent un réseau professionnel : événements networking, mise en relation entre consultants, accès à des appels d'offres groupés, espaces de coworking partenaires. Cet écosystème réduit l'isolement souvent ressenti par les freelances indépendants.

Inconvénients et frais de gestion

Le portage salarial n'est pas exempt d'inconvénients. Le coût global du dispositif et certaines contraintes structurelles méritent une analyse approfondie avant de choisir ce statut.

Les frais de gestion : 5% à 12% du CA

Le principal inconvénient du portage salarial est le coût des frais de gestion prélevés par la société de portage. En 2026, ces frais oscillent entre 5% et 12% du chiffre d'affaires HT, avec une moyenne de marché autour de 8 à 10%. Ce prélèvement couvre les services de la société de portage : gestion administrative, paie, déclarations sociales, assurance RC Pro, accompagnement et garantie financière.

Sur un chiffre d'affaires annuel de 80 000 € HT, les frais de gestion à 8% représentent 6 400 €, et à 12% ils atteignent 9 600 €. La différence de 3 200 € entre une société à 8% et une à 12% justifie une comparaison attentive des offres avant de s'engager.

Le coût total du portage salarial

Au-delà des frais de gestion, le salarié porté supporte l'ensemble des charges sociales patronales et salariales, comme tout salarié. Le taux global de cotisations représente environ 45 à 50% du salaire brut. Au final, sur un chiffre d'affaires de 100 € HT facturé au client, le salarié porté perçoit en moyenne 45 à 52 € nets (avant impôt sur le revenu), selon la société de portage et le niveau de frais de gestion.

Poste % du CA HT Sur 80 000 € HT/an
Frais de gestion (8%) 8% 6 400 €
Cotisations patronales ~25-30% ~20 000-24 000 €
Cotisations salariales ~12-15% ~9 600-12 000 €
Salaire net estimé ~47-50% ~37 600-40 000 €

Les contraintes du portage salarial

Le portage salarial impose plusieurs contraintes légales. Le salaire minimum conventionnel (environ 2 517 € bruts mensuels en 2026 pour un temps plein) exclut de fait les missions à faible tarification. Un consultant facturant moins de 250-300 € HT par jour ne pourra pas atteindre le minimum conventionnel après déduction des frais et cotisations.

Le portage salarial est réservé aux prestations intellectuelles. Les activités de négoce, de service à la personne, les professions réglementées (avocat, médecin, expert-comptable) et les activités artisanales ou commerciales sont exclues du dispositif.

Enfin, la durée maximale d'une mission chez un même client est limitée à 36 mois. Au-delà, le client doit soit embaucher le consultant, soit interrompre la mission. Cette limite vise à éviter le salariat déguisé mais peut contraindre les missions longues.

Attention aux frais cachés

Certaines sociétés de portage affichent des frais de gestion bas (5-6%) mais facturent des services supplémentaires : frais de compte d'activité, frais de virement, assurance complémentaire, frais de clôture. Demandez toujours un devis détaillé incluant l'ensemble des prélèvements avant de signer votre convention d'adhésion.

Pour qui est le portage salarial ?

Le portage salarial s'adresse à des profils variés, mais il est particulièrement adapté à certaines situations professionnelles. En 2026, le profil type du salarié porté est un consultant de 35 à 55 ans, diplômé bac+5, facturant entre 400 et 700 € HT par jour dans les secteurs de l'IT, du conseil en management ou de la formation.

Les consultants et experts métier

Les consultants en management, stratégie, IT, RH ou finance constituent le cœur de cible du portage salarial. Leur expertise justifie des TJM élevés (400-1 200 € HT) parfaitement compatibles avec les contraintes du portage. La société de portage leur offre un cadre administratif simple pour se concentrer sur leurs missions, sans créer de structure juridique.

Les formateurs et coachs

Les formateurs professionnels et coachs trouvent dans le portage salarial un statut idéal. Les organismes de formation exigent souvent que leurs intervenants soient salariés pour la conformité Qualiopi. Le portage salarial répond à cette exigence tout en préservant l'indépendance du formateur. De plus, les formateurs portés bénéficient d'un numéro de déclaration d'activité (NDA) via leur société de portage.

Les cadres en transition professionnelle

Le portage salarial est particulièrement adapté aux cadres en reconversion, en rupture conventionnelle ou en fin de droits. Il permet de tester une activité indépendante tout en conservant la protection sociale du salariat. Le cumul possible avec l'ARE (allocation chômage) offre un filet de sécurité pendant la phase de lancement.

Les retraités actifs

Les jeunes retraités souhaitant poursuivre une activité de conseil à temps partiel utilisent le portage salarial pour sa simplicité. Pas de structure à créer, pas de comptabilité à gérer — ils facturent leurs missions ponctuelles et perçoivent un complément de revenus sous forme de salaire, compatible avec leur pension de retraite.

Les créateurs d'entreprise en phase de test

Avant de se lancer dans la création d'une entreprise freelance, le portage salarial permet de tester son marché, valider son offre et constituer un premier portefeuille clients — sans investissement ni risque administratif. Si l'activité décolle, le consultant peut ensuite basculer vers un statut auto-entrepreneur ou une SASU selon son niveau de chiffre d'affaires.

Portage salarial vs freelance vs auto-entrepreneur

Le choix entre portage salarial, freelance en société et auto-entrepreneur dépend de critères multiples : niveau de revenus, besoin de protection sociale, appétence pour la gestion administrative, perspective de développement. Voici une comparaison détaillée pour 2026.

Comparaison portage salarial, freelance et auto-entrepreneur
Critère Portage salarial Auto-entrepreneur Freelance (SASU/EURL)
Création Immédiate (signature convention) En ligne, gratuit 1 à 4 semaines, 200-800 €
Gestion administrative Déléguée à la société de portage Simplifiée Comptabilité complète obligatoire
Protection sociale Régime général complet + chômage Régime simplifié, pas de chômage Assimilé salarié (SASU) ou TNS (EURL)
Plafond CA Aucun 77 700 € (services) / 188 700 € (vente) Aucun
Frais / charges 8-12% gestion + ~45% cotisations 21,1-23,1% du CA (tout compris) ~45% cotisations + 1 500-3 000 €/an comptable
Chômage Oui (ARE) Non (sauf ATI limitée) Non (SASU) / Non (EURL)
CDI possible Oui Non Non (dirigeant = mandataire social)
Revenus nets (sur 100 € HT) 45-52 € 66-79 € 50-60 € (selon optimisation)
Adapté si CA annuel > 40 000 € < 77 700 € > 50 000 €

Quand choisir le portage salarial ?

Le portage salarial est le meilleur choix quand la protection sociale est prioritaire (besoin de chômage, prêt immobilier en cours), quand le consultant ne souhaite pas gérer d'entreprise, ou quand l'activité est en phase de test. Il convient particulièrement aux portage salariales de prestations intellectuelles à forte valeur ajoutée (TJM > 350 € HT).

Quand préférer l'auto-entrepreneur ?

L'auto-entrepreneur est plus avantageux financièrement pour les activités à faible TJM ou à revenus irréguliers. Avec des charges forfaitaires de 21 à 23% du CA (tout compris), le net restant est supérieur au portage salarial. C'est le statut idéal pour le démarrage d'activité ou le complément de revenus.

Quand opter pour la SASU ou l'EURL ?

La création d'une société (SASU ou EURL) se justifie pour les indépendants avec un chiffre d'affaires significatif (> 70 000 €), des besoins d'optimisation fiscale (dividendes, IS), ou un projet de développement nécessitant un patrimoine d'entreprise distinct. Pour approfondir cette comparaison, consultez notre guide freelance vs portage salarial.

Comment choisir sa société de portage

Le choix de la société de portage est déterminant pour la réussite de votre activité en portage salarial. En 2026, plus de 400 sociétés de portage opèrent en France, avec des niveaux de service, des frais et des spécialisations très variables. Voici les critères essentiels pour faire le bon choix.

Les critères incontournables

La garantie financière est le premier critère à vérifier. Toute société de portage doit détenir une garantie financière délivrée par un organisme agréé, couvrant le paiement des salaires et des charges sociales en cas de défaillance. Demandez le certificat de garantie et vérifiez son montant et sa validité.

Les frais de gestion doivent être transparents et détaillés. Comparez le taux affiché mais aussi les éventuels frais annexes : frais de dossier, frais de virement, frais de clôture, coût de la mutuelle. Le taux le plus bas n'est pas toujours le plus avantageux si des frais cachés s'ajoutent.

La convention collective doit être appliquée intégralement. Vérifiez que la société respecte les minima salariaux, les classifications professionnelles et les dispositions relatives à la formation professionnelle.

Critère À vérifier Signal d'alerte
Garantie financière Certificat valide, montant suffisant Refus de communiquer le certificat
Frais de gestion Taux global, frais annexes détaillés Frais > 12% ou frais cachés nombreux
Convention collective Application intégrale Salaire inférieur au minimum conventionnel
Ancienneté > 5 ans d'activité, références Société récente sans références vérifiables
Réactivité Délai de paiement, support disponible Délai de virement > 5 jours après encaissement
Transparence Compte d'activité accessible en ligne Pas d'accès aux détails de facturation/paie

Les services différenciants

Au-delà des critères obligatoires, certaines sociétés de portage se différencient par des services à forte valeur ajoutée : accompagnement commercial (mise en relation, réponse aux appels d'offres), formations (développement commercial, prise de parole, outils digitaux), réseau professionnel (événements, communauté de consultants), avance de trésorerie (paiement du salaire avant encaissement client).

Certaines sociétés sont spécialisées par secteur (IT, formation, ingénierie) et offrent une meilleure connaissance du marché et des clients potentiels. D'autres proposent des offres internationales pour les consultants intervenant à l'étranger.

Checklist avant de signer avec une société de portage

  • ✅ Vérifier la garantie financière (certificat valide)
  • ✅ Comparer les frais de gestion tout compris (pas seulement le taux affiché)
  • ✅ Demander une simulation de salaire détaillée
  • ✅ Vérifier l'adhésion au PEPS (syndicat professionnel du portage)
  • ✅ Tester la réactivité du support (appeler, poser des questions)
  • ✅ Lire les avis en ligne et contacter d'anciens consultants
  • ✅ Vérifier les délais de paiement (idéal : < 48h après encaissement client)

Rémunération en portage salarial — simulation

Comprendre le mécanisme de rémunération en portage salarial est essentiel pour évaluer la pertinence du statut. Voici une simulation détaillée basée sur les conditions de marché 2026.

Du chiffre d'affaires au salaire net : décomposition

Le calcul de la rémunération en portage salarial suit une logique descendante : du chiffre d'affaires facturé au client, on déduit successivement les frais de gestion, les charges patronales et les charges salariales pour obtenir le salaire net.

Poste Simulation A (TJM 400 €) Simulation B (TJM 600 €) Simulation C (TJM 800 €)
CA HT annuel (218 jours × 80%) 69 760 € 104 640 € 139 520 €
Frais de gestion (8%) - 5 581 € - 8 371 € - 11 162 €
Frais professionnels (5%) - 3 488 € - 5 232 € - 6 976 €
Masse salariale disponible 60 691 € 91 037 € 121 382 €
Cotisations patronales (~30%) - 14 006 € - 21 008 € - 28 011 €
Salaire brut 46 685 € 70 029 € 93 371 €
Cotisations salariales (~22%) - 10 271 € - 15 406 € - 20 542 €
Salaire net avant IR 36 414 € 54 623 € 72 829 €
Net mensuel (sur 12 mois) 3 035 € 4 552 € 6 069 €
Ratio net/CA 52,2% 52,2% 52,2%

Optimisation de la rémunération

Plusieurs leviers permettent d'optimiser la rémunération nette en portage salarial :

Les frais professionnels constituent le levier principal. Les frais de repas, de déplacement, d'hébergement, de matériel informatique et de téléphone professionnel peuvent être déduits du chiffre d'affaires avant calcul des cotisations. En 2026, la convention collective autorise jusqu'à 30% du salaire brut en frais professionnels (plafond URSSAF). Ces frais ne supportent ni charges sociales ni impôt sur le revenu.

La réserve financière permet de lisser la rémunération entre les missions. Le salarié porté peut demander à sa société de portage de provisionner une partie de son chiffre d'affaires pour se verser un salaire régulier, y compris pendant les périodes d'intermission. Cette stratégie sécurise les revenus et facilite la gestion budgétaire personnelle.

Le plan d'épargne entreprise (PEE) et le PERCO/PER sont accessibles en portage salarial si la société de portage les propose. L'abondement de l'entreprise et les avantages fiscaux de l'épargne salariale constituent un complément de rémunération non négligeable.

Astuce : maximiser les frais professionnels

Conservez systématiquement tous vos justificatifs de frais professionnels : tickets de restaurant (dans la limite de 20,70 € par repas en 2026), notes de frais de transport, factures de matériel informatique. Ces frais déductibles réduisent l'assiette de cotisations et augmentent mécaniquement votre net disponible. Un consultant facturant 80 000 € HT peut économiser 2 000 à 5 000 € par an grâce à une gestion rigoureuse de ses frais.

Comparaison du net avec les autres statuts

Pour un chiffre d'affaires de 80 000 € HT en prestations de services, voici la comparaison du revenu net disponible selon les statuts :

Statut CA HT Charges totales Net avant IR Ratio net/CA
Portage salarial (8%) 80 000 € 38 400 € 41 600 € 52%
Auto-entrepreneur 77 700 € (plafond) 17 094 € 60 606 € 78%
SASU (salaire seul) 80 000 € 36 000 € 44 000 € 55%
EURL (IS + dividendes) 80 000 € 32 000 € 48 000 € 60%

Le portage salarial affiche le ratio net/CA le plus faible, compensé par la protection sociale la plus complète (chômage inclus) et l'absence totale de gestion administrative. Pour un guide complet sur le portage salarial et ses mécanismes financiers, consultez notre guide pratique du portage salarial.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le portage salarial exactement ?

Le portage salarial est une forme d'emploi qui permet à un professionnel indépendant (le salarié porté) d'exercer son activité tout en bénéficiant du statut de salarié. La société de portage facture les clients, reverse un salaire au consultant et gère toutes les obligations administratives, sociales et fiscales.

Cadre légal :

  • Ordonnance du 2 avril 2015
  • Convention collective du 22 mars 2017
  • Activité encadrée par le Code du travail (articles L.1254-1 et suivants)
Combien coûte le portage salarial en frais de gestion ?

Les frais de gestion d'une société de portage varient entre 5% et 12% du chiffre d'affaires HT, avec une moyenne de 8 à 10% en 2026. Ces frais couvrent la gestion administrative, la facturation, les déclarations sociales et fiscales, l'assurance RC Pro et l'accompagnement.

Ce qui est inclus :

  • Gestion administrative et paie
  • Déclarations sociales et fiscales
  • Assurance RC Pro mutualisée
  • Accompagnement et support
Peut-on cumuler portage salarial et chômage ?

Oui, le portage salarial est compatible avec l'allocation chômage (ARE). Le salarié porté peut cumuler partiellement ses revenus en portage avec ses indemnités France Travail. Le calcul se fait au prorata : les jours travaillés en portage décalent la fin de droits.

Points clés :

  • Cumul partiel ARE + salaire portage possible
  • Les jours non travaillés prolongent la durée d'indemnisation
  • En fin de mission, possibilité d'ouvrir de nouveaux droits
Quel est le salaire minimum en portage salarial ?

La convention collective du portage salarial fixe un salaire minimum brut d'environ 2 517 € par mois pour un temps plein en 2026 (soit environ 77% du plafond de la Sécurité sociale). Pour les seniors (plus de 3 ans d'ancienneté), le minimum est porté à environ 2 756 € bruts.

Implications :

  • TJM minimum recommandé : 250-300 € HT
  • En dessous, l'auto-entrepreneur est plus adapté
  • Le minimum évolue chaque année avec le plafond SS
Quelle différence entre portage salarial et freelance classique ?

Le freelance classique (auto-entrepreneur, SASU, EURL) gère lui-même son entreprise, sa comptabilité et ses obligations administratives. En portage salarial, la société de portage prend en charge toute la gestion.

Différences clés :

  • Freelance : liberté totale mais risques assumés seul
  • Portage : protection sociale complète avec chômage
  • Portage : frais de gestion 8-12% en contrepartie
  • Freelance : revenus nets supérieurs à niveau de CA équivalent
Le portage salarial permet-il d'obtenir un CDI ?

Oui, le portage salarial permet de signer un CDI avec la société de portage. Ce CDI dit « atypique » offre les mêmes avantages qu'un CDI classique pour les démarches personnelles.

Avantages du CDI en portage :

  • Facilité d'obtention d'un prêt immobilier
  • Caution locative simplifiée
  • Stabilité administrative entre les missions
  • Le CDD est aussi possible (max 18 mois)
Quels métiers sont compatibles avec le portage salarial ?

Le portage salarial concerne principalement les prestations intellectuelles : conseil, informatique, formation, coaching, ingénierie, marketing, communication, RH, gestion de projet, audit.

Métiers exclus :

  • Professions réglementées (médecin, avocat, notaire)
  • Activités de négoce et commerce
  • Services à la personne
  • Activités artisanales

Ressources complémentaires

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