Par Romain Petit · · Mis à jour le
SASU 2026 : guide complet, avantages et création
La SASU est une société commerciale unipersonnelle à responsabilité limitée, dont le président est assimilé salarié. C'est le statut idéal pour un freelance qui veut protéger son patrimoine et se rémunérer en salaire et dividendes. Voici le guide complet, le comparatif des statuts et comment la créer en 2026.
- ✓Statut sasu : société par actions simplifiée à associé unique, personne morale distincte de son fondateur.
- ✓Responsabilité limitée aux apports : votre patrimoine personnel est protégé.
- ✓Capital minimum : 1 € depuis 2009, libre selon votre projet.
- ✓Président assimilé salarié : protection sociale du régime général (hors chômage).
- ✓Fiscalité IS : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà en 2026.
- ✓SASU vs micro-entreprise : la SASU devient pertinente au-delà des plafonds micro ou quand la protection patrimoniale prime.
Comparatif des statuts 2026 : SASU vs micro-entreprise vs EI vs EURL
| Critère | SASU | Micro-entreprise | EI | EURL |
|---|---|---|---|---|
| Statut juridique | Société (personne morale) | Entreprise individuelle simplifiée | Entreprise individuelle | Société (personne morale) |
| Responsabilité | Limitée aux apports | Limitée (patrimoine pro séparé depuis 2022) | Limitée (patrimoine pro séparé depuis 2022) | Limitée aux apports |
| Capital minimum | 1 € | Aucun | Aucun | 1 € |
| Charges sociales du dirigeant | ~80 % du salaire net (assimilé salarié) | 12,3 % à 21,2 % du CA selon activité | ~45 % du bénéfice (TNS) | ~45 % du bénéfice (TNS) |
| Imposition des bénéfices | IS (option IR 5 ans) | IR (micro-fiscal ou versement libératoire) | IR (option IS possible) | IR (option IS possible) |
| Plafond de chiffre d'affaires | Aucun | 85 000 € (vente) / 37 500 € (services BNC) | Aucun | Aucun |
| CréationVia Legalstart | Statuts + capital + annonce légale + greffe | Déclaration en ligne gratuite | Déclaration en ligne | Statuts + capital + annonce légale + greffe |
Qu'est-ce qu'une SASU ? Statut et signification
Le statut SASU désigne une Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle : une SAS qui ne compte qu'un seul associé. La signification de l'acronyme révèle ses deux caractéristiques clés : c'est une société commerciale (donc une personne morale distincte de son fondateur) et elle n'a qu'un associé unique, qui en est généralement le président.
Contrairement à la micro-entreprise ou à l'entreprise individuelle, la SASU crée une séparation juridique entre le patrimoine de l'entreprise et celui de l'entrepreneur. Cette séparation limite la responsabilité de l'associé unique au montant de ses apports : en cas de dettes, son patrimoine personnel est en principe protégé. La SASU peut exercer la plupart des activités commerciales, artisanales et libérales, et peut accueillir de nouveaux associés pour devenir une SAS, ce qui facilite les levées de fonds. La fiche officielle de service-public.fr sur la SASU détaille son cadre juridique (articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce).
Le président de la SASU bénéficie du statut d'assimilé salarié : il cotise au régime général de la Sécurité sociale et dispose d'une protection sociale proche de celle d'un salarié (maladie, retraite, prévoyance), à l'exception notable de l'assurance chômage. Pour une vue d'ensemble des structures, l'encyclopédie Bpifrance Création compare la SASU aux autres formes sociétaires.
Avantages et inconvénients de la SASU
Le principal avantage d'une SASU est la combinaison d'une responsabilité limitée et d'une protection sociale complète. L'associé unique protège son patrimoine personnel, tandis que le président assimilé salarié cotise au régime général, avec une couverture maladie et retraite de meilleure qualité que celle d'un travailleur non salarié. La flexibilité statutaire de la SAS permet aussi d'organiser librement la gouvernance et l'entrée éventuelle d'investisseurs.
Avantages de la SASU
Responsabilité limitée aux apports (protection du patrimoine personnel). Statut d'assimilé salarié pour le président : protection sociale du régime général. Aucune cotisation sociale en l'absence de rémunération (utile en phase de lancement). Fiscalité flexible : IS par défaut, option IR pendant 5 ans. Crédibilité accrue auprès des banques et clients grands comptes. Évolution facile vers une SAS multi-associés pour lever des fonds.
Inconvénients de la SASU
Les inconvénients de la SASU tiennent surtout à son coût et à sa complexité. La création est plus lourde qu'une micro-entreprise (statuts, capital, annonce légale, greffe) et la comptabilité doit être complète, souvent confiée à un expert-comptable (1 500 à 3 000 € par an). Les cotisations sociales sur la rémunération du président sont élevées (environ 80 % du salaire net). En dessous d'un certain niveau d'activité, ces coûts fixes rendent la micro-entreprise plus avantageuse pour démarrer.
SASU ou EURL : quelle structure choisir ?
La question « sasu ou eurl » oppose deux sociétés unipersonnelles à responsabilité limitée. La différence majeure porte sur le statut social du dirigeant. En SASU, le président est assimilé salarié (régime général, cotisations d'environ 80 % du net, pas de cotisations sur les dividendes). En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié (TNS), avec des cotisations plus faibles (environ 45 % du revenu) mais une protection sociale moins étendue et des dividendes partiellement soumis à cotisations au-delà de 10 % du capital.
En pratique, la SASU est souvent préférée par les freelances qui veulent une protection sociale solide et se verser des dividendes optimisés, tandis que l'EURL séduit ceux qui privilégient des charges sociales plus légères. La SASU offre aussi une plus grande liberté statutaire, l'EURL étant davantage encadrée par la loi.
SASU ou auto-entrepreneur : quel statut pour un freelance ?
Pour un freelance qui démarre, l'auto-entrepreneur (micro-entreprise) est généralement le bon choix : déclaration gratuite, comptabilité ultra-simplifiée, cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires. La SASU devient pertinente quand l'activité dépasse les plafonds micro (85 000 € en vente, 37 500 € en services BNC), quand la protection patrimoniale devient prioritaire, ou quand le freelance veut se constituer une meilleure retraite et déduire ses charges réelles.
Le seuil de bascule se situe souvent autour de 50 000 à 70 000 € de chiffre d'affaires : en dessous, les coûts fixes de la SASU (comptable, formalités) pèsent lourd ; au-dessus, l'optimisation fiscale et sociale de la SASU prend l'avantage. Pour explorer cette transition côté outils, consultez notre comparatif des logiciels de comptabilité et notre quiz de choix de statut.
Comment créer une SASU en 2026 ?
La création d'une SASU suit quatre étapes obligatoires, désormais dématérialisées via le guichet unique de l'INPI. La préparation des statuts reste l'étape la plus sensible : ils définissent le fonctionnement de la société et conditionnent l'immatriculation.
Rédiger les statuts
Les statuts mentionnent la dénomination sociale, l'objet social, le siège, le capital, la durée et les règles de fonctionnement. Un objet social rédigé largement évite des modifications coûteuses si l'activité évolue. C'est l'étape où l'accompagnement d'un juriste ou d'une plateforme en ligne réduit le risque de rejet au greffe.
Déposer le capital social
Le capital (1 € minimum) est déposé sur un compte bloqué (banque, notaire ou Caisse des Dépôts). La banque délivre une attestation de dépôt nécessaire à l'immatriculation. Les apports en numéraire doivent être libérés d'au moins 50 % à la constitution, le solde dans les 5 ans.
Publier l'annonce légale
Un avis de constitution est publié dans un support d'annonces légales du département du siège. Le coût est forfaitaire (environ 138 € pour une SASU) et informe les tiers de la création de la société.
Immatriculer la société
Le dossier complet (statuts, attestation de dépôt, justificatifs, annonce légale) est déposé sur le guichet unique de l'INPI. Après validation, la société reçoit son extrait Kbis et son numéro SIREN. Les frais de greffe s'élèvent à environ 39 € en 2026. Comptez 200 à 500 € au total selon que vous passez par une plateforme d'accompagnement.
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Fiscalité et charges sociales de la SASU
La SASU est soumise par défaut à l'impôt sur les sociétés (IS), avec une option possible pour l'impôt sur le revenu (IR) pendant ses 5 premières années. En 2026, le taux réduit d'IS est de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (pour les PME éligibles), puis 25 % au-delà. Le barème et les conditions sont détaillés sur impots.gouv.fr (impôt sur les sociétés).
| Poste | Taux 2026 | Précision |
|---|---|---|
| IS taux réduit | 15 % | Jusqu'à 42 500 € de bénéfice, PME éligibles |
| IS taux normal | 25 % | Au-delà de 42 500 € de bénéfice |
| Cotisations sociales président | ≈ 80 % du salaire net | Régime général (assimilé salarié) |
| Prélèvement forfaitaire unique (dividendes) | 30 % | 12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux |
| Prélèvements sociaux dividendes | 17,2 % | Appliqués dans tous les cas sur les dividendes |
Le président peut se rémunérer en salaire (charges sociales élevées mais droits sociaux complets) et/ou en dividendes (prélèvements limités à 30 % via le PFU, mais aucun droit social acquis). En SASU, contrairement à l'EURL, les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales, ce qui en fait un levier d'optimisation reconnu. Les taux URSSAF applicables sont consultables sur urssaf.fr (dirigeant assimilé salarié).
Capital minimum et formalités de la SASU
Le capital minimum d'une SASU est de 1 € depuis 2009. En pratique, un capital symbolique d'1 € est juridiquement valable, mais un montant plus élevé (quelques milliers d'euros) renforce la crédibilité auprès des banques et partenaires. Le capital peut être constitué d'apports en numéraire (argent) et en nature (biens), ces derniers nécessitant un commissaire aux apports au-delà de 30 000 € ou si leur valeur dépasse la moitié du capital.
Au-delà de la création, la SASU implique des obligations comptables annuelles : tenue d'une comptabilité complète, établissement des comptes annuels dans les 6 mois de la clôture, et dépôt au greffe du tribunal de commerce. Ces formalités justifient le recours fréquent à un expert-comptable. Pour gérer la comptabilité post-création, des outils comme Indy ou Pennylane accompagnent les sociétés.
Questions fréquentes sur la SASU
C'est quoi le statut SASU ?
Le statut SASU désigne une Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle, c'est-à-dire une SAS qui ne compte qu'un seul associé. C'est une société commerciale dotée de la personnalité morale, distincte de son fondateur. Le statut offre une responsabilité limitée aux apports, une grande flexibilité statutaire et un président assimilé salarié cotisant au régime général de la Sécurité sociale.
Quelle est la différence entre une SAS et une SASU ?
La seule différence entre une SAS et une SASU tient au nombre d'associés. La SASU est la version unipersonnelle de la SAS : elle ne compte qu'un seul associé. La SAS en compte au moins deux. Le fonctionnement, la fiscalité (IS) et le statut social du dirigeant (assimilé salarié) sont identiques. Une SASU peut devenir une SAS dès qu'un nouvel associé entre au capital.
Quelle différence entre SASU et Auto-entrepreneur ?
La SASU est une société (personne morale) à responsabilité limitée, tandis que l'auto-entrepreneur exerce en entreprise individuelle sous le régime micro. La SASU n'a pas de plafond de chiffre d'affaires, impose une comptabilité complète et offre une meilleure protection sociale. L'auto-entrepreneur est plus simple et moins coûteux mais plafonné (85 000 € en vente, 37 500 € en services BNC) avec une protection sociale réduite.
Quelles sont les charges à payer pour une SASU ?
Une SASU paie l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà en 2026), des cotisations sociales sur la rémunération du président (environ 80 % du salaire net, statut assimilé salarié), et 17,2 % de prélèvements sociaux sur les dividendes. S'ajoutent les frais de comptabilité (1 500 à 3 000 €/an) et les obligations de dépôt des comptes.
Quel chiffre d'affaire pour une SASU ?
La SASU n'a aucun plafond de chiffre d'affaires, contrairement à la micro-entreprise. Elle convient donc aux activités à fort volume. En pratique, elle devient financièrement intéressante au-delà de 50 000 à 70 000 € de chiffre d'affaires : en dessous, les coûts fixes (comptable, formalités) pèsent davantage que les avantages fiscaux et sociaux.
Qui peut ouvrir une SASU ?
Toute personne physique ou morale peut créer une SASU, y compris un mineur émancipé ou une personne étrangère. Il n'est pas nécessaire d'avoir la nationalité française ni de résider en France. L'associé unique peut être également le président, ou nommer un tiers à la présidence. Aucune condition de diplôme n'est requise, sauf pour les activités réglementées.
Pourquoi choisir une SASU ?
On choisit une SASU pour protéger son patrimoine personnel (responsabilité limitée aux apports), bénéficier de la protection sociale du régime général en tant que président assimilé salarié, optimiser sa rémunération entre salaire et dividendes, et donner de la crédibilité à son activité. La SASU est aussi idéale si l'on envisage d'accueillir des associés ou de lever des fonds à terme.
Quel est le capital minimum d'une SASU ?
Le capital minimum d'une SASU est de 1 € depuis 2009. Il n'existe donc aucune contrainte de capital de départ. Toutefois, un capital plus élevé (quelques milliers d'euros) renforce la crédibilité auprès des banques et partenaires. Le capital peut être libéré progressivement : au moins 50 % des apports en numéraire à la constitution, le solde dans les cinq ans.
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