SASU 2026 : guide complet, avantages et création
Par Camille Laurent ·
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une société commerciale à associé unique qui protège votre patrimoine personnel et vous donne le statut de président assimilé salarié. Capital dès 1 €, fiscalité à l'IS, aucune limite de chiffre d'affaires : voici le guide complet 2026, du choix du statut jusqu'à la création.
- ✓Définition : la SASU est une SAS avec un seul associé — une société à responsabilité limitée au montant des apports.
- ✓Capital minimum : 1 € depuis 2009, sans plafond ni limite de chiffre d'affaires.
- ✓Statut social : le président est assimilé salarié (régime général), avec une bonne protection sociale mais des cotisations élevées (~80 % de la rémunération nette).
- ✓Fiscalité : impôt sur les sociétés (IS) par défaut — 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà en 2026.
- ✓Idéal pour : un freelance qui veut se protéger, optimiser sa rémunération (salaire + dividendes) ou dépasser les plafonds de la micro-entreprise.
- ✓Création : statuts, dépôt du capital, annonce légale et immatriculation — comptez 39 € de greffe + l'annonce légale, ou un pack en ligne avec Legalstart.
SASU, micro-entreprise, EI et EURL : comparatif des statuts 2026
| Critère | SASU | Micro-entreprise | EI | EURL |
|---|---|---|---|---|
| Forme juridique | Société (associé unique) | Régime de l'EI | Entreprise individuelle | Société (associé unique) |
| Responsabilité | Limitée aux apports | Limitée au pro (depuis 2022) | Limitée au pro (depuis 2022) | Limitée aux apports |
| Capital minimum | 1 € | Aucun | Aucun | 1 € |
| Statut du dirigeant | Assimilé salarié | Travailleur indépendant | Travailleur indépendant | Travailleur non salarié (TNS) |
| Imposition par défaut | IS (option IR 5 ans) | IR (micro-fiscal) | IR | IR (option IS) |
| Plafond de CA | Aucun | 188 700 € / 77 700 € | Aucun | Aucun |
| CréationLe plus formel | Statuts + immatriculation | Déclaration en ligne | Déclaration en ligne | Statuts + immatriculation |
Qu'est-ce qu'une SASU ? Définition et statut juridique
La SASU — Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle — est une forme de société commerciale qui ne compte qu'un seul associé. C'est tout simplement une SAS à associé unique : elle obéit aux mêmes règles (articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce), avec un fonctionnement allégé puisqu'il n'y a personne d'autre à consulter pour les décisions. Sa signification est limpide : « société par actions » car le capital est divisé en actions, « simplifiée » pour la grande liberté statutaire, et « unipersonnelle » parce que vous êtes seul à bord.
Le grand intérêt du statut SASU, c'est la séparation entre votre patrimoine personnel et celui de la société. La SASU a sa propre personnalité juridique : elle possède un capital, signe ses contrats et répond de ses dettes. Votre responsabilité est limitée au montant de vos apports — si vous apportez 1 000 € au capital, c'est au maximum ce que vous risquez de perdre, vos biens personnels restant à l'abri (sauf faute de gestion). C'est une différence majeure avec l'entreprise individuelle classique.
L'associé unique nomme un président — souvent lui-même — qui dirige la société et la représente légalement. Ce président peut être une personne physique ou morale. Sur le plan officiel, la fiche de référence de la SASU est publiée par l'administration : entreprendre.service-public.gouv.fr, complétée par l'encyclopédie de Bpifrance Création.
Une confusion fréquente : la SASU n'est pas une « société de personnes » mais une société de capitaux. Cela signifie que ce qui compte, c'est l'apport au capital, pas la personne de l'associé. Conséquence pratique : la transmission est simple (on cède des actions), l'entrée d'un investisseur est fluide, et la société survit indépendamment de son fondateur. Le cadre légal figure aux articles L227-1 et suivants du Code de commerce, qui laissent une grande liberté pour rédiger les statuts sur mesure.
Avantages et inconvénients de la SASU
La SASU séduit pour de bonnes raisons, mais elle a aussi un coût et une lourdeur que la micro-entreprise n'a pas. Voici un bilan honnête avant de vous lancer.
SASU : le bilan avantages / inconvénients
- ✓Responsabilité limitée aux apports : patrimoine personnel protégé
- ✓Statut assimilé salarié : protection sociale du régime général (maladie, retraite)
- ✓Optimisation possible : arbitrage entre salaire et dividendes
- ✓Crédibilité renforcée auprès des banques, clients grands comptes et investisseurs
- ✓Aucune limite de chiffre d'affaires, contrairement à la micro-entreprise
- ✓Grande liberté statutaire pour organiser la société et l'entrée future d'associés
- ✗Charges sociales élevées sur la rémunération (~80 % du net versé)
- ✗Comptabilité complète obligatoire (bilan, compte de résultat, liasse fiscale)
- ✗Coûts de création et de fonctionnement supérieurs (expert-comptable souvent nécessaire)
- ✗Pas de droit au chômage pour le président (pas de cotisation Assurance chômage)
- ✗Formalités de création plus lourdes que la micro-entreprise
Les principaux inconvénients de la SASU tiennent donc au coût et à la gestion : entre l'expert-comptable, les cotisations sociales et la fiscalité des sociétés, la structure ne devient intéressante qu'à partir d'un certain niveau de revenu. À l'inverse, l'avantage d'une SASU décisif pour beaucoup de freelances est la combinaison protection du patrimoine + protection sociale du régime général + image professionnelle.
Un point souvent sous-estimé : la souplesse de rémunération. Contrairement à un salarié classique, le président de SASU n'est pas obligé de se verser un salaire. Vous pouvez piloter votre rémunération en fonction de la trésorerie, vous verser des dividendes après clôture, ou laisser les bénéfices dans la société pour investir. Cette flexibilité est précieuse les premières années, quand les revenus sont irréguliers — mais elle exige une vraie discipline comptable pour ne pas se retrouver sans couverture sociale faute de rémunération versée.
SASU ou EURL : quelle structure choisir ?
SASU ou EURL ? Les deux sont des sociétés unipersonnelles à responsabilité limitée, mais elles diffèrent sur deux points qui changent tout : le statut social du dirigeant et la fiscalité par défaut.
En SASU, le président est assimilé salarié : il relève du régime général, cotise davantage mais bénéficie d'une meilleure couverture (retraite, prévoyance). En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié (TNS), rattaché à la Sécurité sociale des indépendants : ses cotisations sont nettement plus faibles (environ 45 % de la rémunération nette) mais sa protection est plus légère. Côté impôt, la SASU est à l'IS par défaut (avec option IR temporaire), tandis que l'EURL est à l'IR par défaut (avec option IS définitive).
En résumé : l'EURL coûte moins cher en cotisations mais protège moins, la SASU protège mieux mais coûte plus cher. Pour un freelance qui veut maximiser sa protection sociale et se verser des dividendes (non soumis aux cotisations sociales en SASU, contrairement à l'EURL), la SASU prend souvent l'avantage. Pour un dirigeant qui veut minimiser ses charges, l'EURL reste pertinente. Notre quiz statut juridique peut vous aider à trancher selon votre situation.
SASU vs micro-entreprise : quel statut pour un freelance ?
C'est la question que se posent la plupart des indépendants : SASU ou auto-entrepreneur ? La micro-entreprise est imbattable pour démarrer : déclaration gratuite en ligne, comptabilité ultra-simplifiée, cotisations calculées en pourcentage du chiffre d'affaires (12,3 % à 23,2 % selon l'activité en 2026), et impôt forfaitaire possible. Mais elle a deux limites structurantes.
Premièrement, les plafonds de chiffre d'affaires : 188 700 € pour la vente de marchandises, 77 700 € pour les prestations de services et les professions libérales (BNC) en 2026 (source : service-public.fr). Au-delà, vous devez changer de statut. Deuxièmement, vous ne déduisez aucune charge réelle : si votre activité a des frais importants (matériel, sous-traitance, locaux), la micro vous fait payer des cotisations sur un CA que vous n'encaissez pas vraiment net.
La SASU n'a aucun plafond de CA, déduit toutes les charges réelles, et permet de piloter sa rémunération. Le seuil de bascule se situe en général lorsque votre activité devient rentable, structurée et que vous cherchez à vous protéger ou à investir. Tant que vous testez votre activité ou facturez peu de frais, la micro-entreprise reste plus simple et moins coûteuse. Pour bien gérer la transition, comparez aussi les logiciels de comptabilité adaptés à chaque statut.
Comment créer une SASU en 2026 ?
La création d'une SASU suit un parcours balisé. Comptez quelques jours à deux semaines selon votre rapidité à réunir les pièces. Voici les étapes obligatoires en 2026.
- Rédiger les statuts : objet social, dénomination, siège, montant du capital, règles de fonctionnement. C'est l'acte fondateur — soignez-le ou faites-vous accompagner.
- Déposer le capital social sur un compte bloqué (banque, néobanque pro ou notaire) et obtenir l'attestation de dépôt des fonds. Le capital peut être de 1 € symbolique.
- Publier une annonce légale de constitution dans un support habilité (comptez 120 à 200 € selon le département).
- Constituer le dossier : formulaire M0, statuts signés, attestation de dépôt, justificatif de siège, déclaration de non-condamnation du président, pièce d'identité.
- Déposer le dossier sur le Guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) pour l'immatriculation au RCS et l'obtention du Kbis et du SIRET.
Côté budget, l'immatriculation au greffe coûte environ 39 € en 2026, auxquels s'ajoute l'annonce légale (120 à 200 €). En autonomie complète, comptez donc 200 à 300 € de frais incompressibles ; avec un accompagnement en ligne, un pack création ajoute 99 à 300 € selon le niveau de service. Vous pouvez tout faire vous-même, mais une erreur dans les statuts — objet social trop étroit, clause de cession mal rédigée — peut coûter cher plus tard. C'est là qu'une legaltech comme Legalstart fait gagner du temps et sécurise la conformité juridique.
À noter : depuis 2023, toutes les formalités passent par le Guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), qui a remplacé les anciens CFE. Le registre du commerce (RCS) reste l'organe d'immatriculation, mais c'est le Guichet unique qui centralise les déclarations de création, de modification et de cessation. Une fois le dossier validé, votre Kbis — la carte d'identité officielle de la société — est disponible sous quelques jours.
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- ✗Les frais légaux restent à votre charge
Fiscalité et charges sociales de la SASU
Par défaut, la SASU est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS). En 2026, le taux réduit est de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà (barème publié sur impots.gouv.fr). Il est possible d'opter pour l'impôt sur le revenu (IR) pendant 5 exercices maximum, ce qui peut être intéressant en phase de démarrage déficitaire.
Côté social, le président de SASU est assimilé salarié : il relève du régime général de la Sécurité sociale (voir urssaf.fr). Concrètement, les cotisations représentent de l'ordre de 80 % de la rémunération nette versée — c'est élevé, mais cela ouvre des droits à la retraite et à la couverture maladie du régime général. Seul bémol : aucun droit au chômage, faute de cotisation Assurance chômage.
L'optimisation classique consiste à combiner rémunération et dividendes. Les dividendes versés par une SASU ne sont pas soumis aux cotisations sociales (contrairement à l'EURL) : ils relèvent de la flat tax à 30 %. Cet arbitrage demande une vraie comptabilité — un logiciel comme Pennylane, conçu pour les sociétés à l'IS, simplifie la liasse fiscale et la collaboration avec votre expert-comptable.
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La comptabilité pour piloter votre SASU au quotidien
- ✓Pensé pour les sociétés à l'IS (SASU, SAS, EURL)
- ✓Facturation, trésorerie et compta réunies
- ✓Collaboration fluide avec l'expert-comptable
- ✓Tableau de bord financier en temps réel
- ✗Moins adapté à la micro-entreprise
- ✗Tarif sur devis, plus élevé qu'un outil de facturation simple
Capital minimum et formalités
Le capital minimum d'une SASU est de 1 € depuis la loi de modernisation de l'économie de 2008 (en vigueur depuis 2009). En pratique, un capital trop faible nuit à votre crédibilité bancaire : pour un projet sérieux, un capital de 500 à 5 000 € est plus rassurant pour les partenaires. Le capital peut être constitué d'apports en numéraire (argent) et/ou en nature (matériel, fonds de commerce).
Pour ouvrir le compte professionnel destiné au dépôt du capital, comparez les offres dédiées aux sociétés sur notre page banques pro et le guide compte pro. Une fois la SASU immatriculée, vous recevez votre Kbis et votre SIRET, et le capital est débloqué pour financer l'activité. Vous retrouverez tous nos outils pour indépendants pour gérer votre société au quotidien.
Notre verdict : la SASU est-elle faite pour vous ?
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SASU : questions fréquentes
C'est quoi le statut SASU ?
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une société commerciale à associé unique. C'est une SAS qui ne compte qu'un seul associé. Elle dispose de sa propre personnalité juridique, d'un capital divisé en actions, et limite la responsabilité de l'associé au montant de ses apports. Son dirigeant, le président, est assimilé salarié et relève du régime général de la Sécurité sociale.
Quelle est la différence entre une SAS et une SASU ?
La seule différence est le nombre d'associés. La SAS compte au moins deux associés (société pluripersonnelle), tandis que la SASU n'en a qu'un seul (unipersonnelle). Les règles de fonctionnement, la fiscalité (IS) et le statut social du président (assimilé salarié) sont identiques. Si un second associé entre au capital, la SASU devient automatiquement une SAS, sans changer de personnalité juridique.
Quelle différence entre SASU et Auto-entrepreneur ?
L'auto-entrepreneur (micro-entreprise) est un régime simplifié de l'entreprise individuelle : pas de capital, comptabilité allégée, cotisations sur le chiffre d'affaires, mais des plafonds de CA (188 700 € / 77 700 € en 2026) et aucune déduction des charges réelles. La SASU est une société : capital, comptabilité complète, IS, aucune limite de CA, déduction des frais réels et protection du patrimoine. La micro convient au démarrage, la SASU à une activité rentable et structurée.
Quelles sont les charges à payer pour une SASU ?
Une SASU supporte trois types de charges : les cotisations sociales sur la rémunération du président (~80 % du net versé, régime général), l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà en 2026), et les frais de fonctionnement (expert-comptable, CFE, éventuelle TVA). Les dividendes éventuels sont soumis à la flat tax de 30 %, sans cotisations sociales.
Quel chiffre d'affaire pour une SASU ?
Il n'existe aucun plafond de chiffre d'affaires en SASU, contrairement à la micro-entreprise. Vous pouvez facturer 10 000 € comme 2 millions d'euros par an. C'est précisément l'un des intérêts de ce statut : il accompagne la croissance sans contrainte de seuil. Au-delà de certains seuils, la SASU devient simplement redevable de la TVA et tient une comptabilité complète, comme toute société commerciale.
Qui peut ouvrir une SASU ?
Toute personne physique ou morale peut créer une SASU : un particulier majeur (ou mineur émancipé), un étranger (sans condition de nationalité), ou même une autre société. Il n'y a pas de condition de diplôme. Certaines activités réglementées (santé, droit, expertise comptable) imposent toutefois des conditions spécifiques. L'associé unique peut être président ou nommer un tiers à la présidence.
Pourquoi choisir une SASU ?
On choisit la SASU pour protéger son patrimoine personnel (responsabilité limitée aux apports), bénéficier de la protection sociale du régime général (président assimilé salarié), optimiser sa rémunération via l'arbitrage salaire/dividendes, et gagner en crédibilité auprès des banques, clients et investisseurs. Elle est particulièrement adaptée aux freelances rentables, aux projets à fort potentiel de croissance et à ceux qui veulent dépasser les plafonds de la micro-entreprise.
Quel est le capital minimum d'une SASU ?
Le capital minimum d'une SASU est de 1 € depuis 2009. Il n'y a pas de capital maximum. En pratique, un capital symbolique de 1 € peut nuire à la crédibilité bancaire : pour un projet sérieux, un capital de 500 à 5 000 € est recommandé. Le capital peut être libéré partiellement à la création (au moins 50 % des apports en numéraire), le solde devant être versé dans les 5 ans.