Plafond auto-entrepreneur 2026 : seuils de chiffre d'affaires
Par Romain Petit ·
En 2026, le plafond de chiffre d'affaires de l'auto-entrepreneur est de 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales. Ces seuils, revalorisés pour la période 2026-2028, conditionnent le maintien du régime micro.
- ✓Vente de marchandises et hébergement (BIC) : plafond de 203 100 € de chiffre d'affaires en 2026.
- ✓Prestations de services et professions libérales (BIC/BNC) : plafond de 83 600 € en 2026.
- ✓Nouveaux montants 2026 : les seuils ont été revalorisés (contre 188 700 € et 77 700 € sur la période 2023-2025) pour le triennat 2026-2028.
- ✓Franchise en base de TVA : seuils distincts et plus bas (85 000 € / 37 500 €), non concernés par la revalorisation des plafonds du régime micro.
- ✓Dépassement : vous ne perdez le régime micro qu'après deux années civiles consécutives au-dessus du plafond.
- ✓Suivi : un tableau de bord de chiffre d'affaires avec alerte de seuil évite les mauvaises surprises en fin d'année.
Plafond auto-entrepreneur 2026 : les montants à retenir
Le plafond auto-entrepreneur correspond au chiffre d'affaires annuel maximum (hors taxes) que vous pouvez encaisser tout en conservant le régime de la micro-entreprise. Ce seuil dépend de la nature de votre activité. Pour 2026, il s'établit à 203 100 € pour la vente de marchandises et la fourniture de logement, et à 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales, selon la fiche officielle du service-public.gouv.fr.
Il faut retenir un principe clé : le plafond s'applique au chiffre d'affaires encaissé, c'est-à-dire aux sommes réellement perçues sur l'année civile, et non aux factures émises ou au bénéfice. Une facture émise en décembre 2026 mais réglée en janvier 2027 est comptabilisée sur 2027. Sur le terrain, cette règle de l'encaissement est celle qui pilote réellement votre position par rapport au seuil.
| Nature de l'activité | Catégorie fiscale | Montant 2026 |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, restauration à emporter, fourniture de logement | BIC | 203 100 € |
| Prestations de services commerciales ou artisanales | BIC | 83 600 € |
| Professions libérales et prestations de services | BNC | 83 600 € |
| Location de meublé de tourisme non classé | BIC | 15 000 € |
Ces montants sont ceux publiés par l'administration pour l'année 2026. Ils s'apprécient sur le chiffre d'affaires de l'année en cours, avec une comparaison sur les deux dernières années civiles pour déterminer le maintien ou la sortie du régime (voir la section sur le dépassement plus bas).
Un point souvent négligé : si vous démarrez votre activité en cours d'année, le plafond peut être ajusté au prorata de la durée d'activité pour l'appréciation de certains seuils. Une création au 1er mars 2026, par exemple, ne couvre que 306 jours sur l'année. Ce détail a son importance si votre activité décolle vite dès les premiers mois : mieux vaut connaître précisément votre point de départ pour ne pas mal évaluer votre marge de manœuvre par rapport au seuil.
Seuils 2026 : une revalorisation pour le triennat 2026-2028
Les plafonds du régime micro ne sont pas figés : ils sont revalorisés tous les trois ans en fonction de l'évolution des prix. L'année 2026 marque justement le début d'un nouveau triennat (2026-2028), avec une hausse des seuils par rapport à la période précédente. Cette actualisation a été confirmée par l'URSSAF, qui a publié une actualité dédiée à la modification des seuils 2026.
| Activité | Plafond 2023-2025 | Plafond 2026 |
|---|---|---|
| Vente de marchandises / hébergement (BIC) | 188 700 € | 203 100 € |
| Prestations de services / libéral (BIC-BNC) | 77 700 € | 83 600 € |
Concrètement, un prestataire de services dispose en 2026 d'environ 5 900 € de chiffre d'affaires supplémentaire avant d'atteindre le plafond, et un commerçant d'un peu plus de 14 000 €. Cette respiration est bienvenue, mais elle ne change pas la mécanique : dès que votre activité approche du seuil, il faut anticiper les conséquences fiscales et sociales d'un éventuel dépassement.
Chiffre d'affaires maximum : seuils BIC contre BNC
La distinction entre BIC et BNC détermine directement votre plafond. Les activités BIC (bénéfices industriels et commerciaux) regroupent l'achat-revente de marchandises, la restauration, l'hébergement, mais aussi les prestations de services commerciales et artisanales. Les activités BNC (bénéfices non commerciaux) concernent les professions libérales : consultants, développeurs, graphistes, rédacteurs, coachs, thérapeutes, etc.
Le point qui prête à confusion : une prestation de services relevant du BIC (par exemple un artisan qui facture de la main-d'œuvre) et une prestation libérale relevant du BNC partagent le même plafond de 83 600 €. Seule la vente de marchandises et l'hébergement bénéficient du plafond supérieur de 203 100 €. Le chiffre d'affaires maximum d'un auto-entrepreneur en prestation de services est donc de 83 600 €, quelle que soit la sous-catégorie.
Le cas des activités mixtes
Si vous exercez une activité mixte, par exemple de la vente de produits et des prestations de services, deux limites s'appliquent simultanément. Le chiffre d'affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, et à l'intérieur de ce total, la part des prestations de services ne doit pas excéder 83 600 €. Un artisan qui vend du matériel et facture de la pose doit donc surveiller ces deux compteurs en parallèle, ce qui rend un suivi ventilé par type de recette particulièrement utile.
Plafond auto-entrepreneur dans le bâtiment
Les artisans du bâtiment posent souvent la question du plafond applicable. Une activité de travaux avec fourniture de matériaux peut relever de la vente ou de la prestation selon la nature exacte de la mission et la ventilation matériaux/main-d'œuvre. En règle générale, la pose et la main-d'œuvre relèvent de la prestation de services (plafond 83 600 €), tandis que la revente de matériaux facturée séparément peut relever du BIC vente. En cas de doute sur votre situation, la ventilation retenue par l'administration fiscale prime : c'est un point à sécuriser dès le premier chantier.
Plafond et franchise en base de TVA
Beaucoup d'auto-entrepreneurs confondent le plafond du régime micro avec le seuil de la franchise en base de TVA. Ce sont deux mécanismes distincts, avec des montants différents et plus bas pour la TVA. La franchise en base vous dispense de facturer la TVA à vos clients : c'est elle qui explique la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur vos factures. Vous restez auto-entrepreneur au-delà de ces seuils, mais vous devez alors facturer et reverser la TVA.
Le régime de la franchise a fait l'objet d'un projet de réforme prévoyant un seuil unique abaissé à 25 000 €. Cette réforme a été suspendue par le gouvernement, et les seuils antérieurs restent en vigueur, comme le confirme le portail economie.gouv.fr. Voici les montants applicables :
| Type d'activité | Seuil de base | Seuil majoré (tolérance) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises / hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services / libéral | 37 500 € | 41 250 € |
Le fonctionnement est le suivant : tant que votre chiffre d'affaires reste sous le seuil de base, vous conservez la franchise. Si vous franchissez le seuil majoré (93 500 € ou 41 250 €), vous devenez redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement. Entre le seuil de base et le seuil majoré, une tolérance s'applique. Le détail des obligations déclaratives figure sur le site de l'administration fiscale.
Un auto-entrepreneur peut donc être « sans TVA » tout en s'approchant de son plafond de régime micro : les prestataires de services atteignent le seuil de TVA (37 500 €) bien avant leur plafond d'activité (83 600 €). Anticiper ce basculement est essentiel, car il impose de nouvelles obligations (déclarations de TVA, facturation avec taxe) et modifie votre positionnement tarifaire vis-à-vis des clients particuliers.
Que se passe-t-il en cas de dépassement du plafond ?
Dépasser son plafond une seule année n'entraîne pas la perte automatique du statut. La règle, rappelée par economie.gouv.fr, distingue deux volets : le régime micro (plafonds de 203 100 € / 83 600 €) et la franchise de TVA (seuils bien plus bas). Chacun a ses propres conséquences.
Dépassement du plafond de chiffre d'affaires
Vous conservez le régime micro tant que le dépassement du plafond (203 100 € ou 83 600 €) ne se produit pas sur deux années civiles consécutives. Si votre chiffre d'affaires dépasse le seuil deux ans de suite, vous basculez au régime réel d'imposition à compter du 1er janvier de l'année qui suit. Vous restez auto-entrepreneur au sens du statut, mais vous perdez les avantages du régime micro (abattement forfaitaire, comptabilité allégée, versement libératoire éventuel). Ce changement de régime mérite d'être anticipé, notamment sur le plan comptable.
Concrètement, passer au régime réel signifie tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat), déduire vos charges réelles au lieu de l'abattement forfaitaire, et souvent faire appel à un expert-comptable ou à un logiciel dédié. Ce n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle : au-delà d'un certain niveau de charges, la déduction des frais réels peut devenir plus avantageuse que l'abattement forfaitaire du régime micro. L'essentiel est de faire ce calcul en amont, plutôt que de subir le basculement. C'est précisément là qu'un suivi rigoureux de votre chiffre d'affaires prend tout son sens.
Dépassement du seuil de TVA
Le franchissement du seuil majoré de TVA a un effet immédiat : vous devenez redevable dès le premier jour du mois concerné et devez émettre des factures avec TVA, obtenir un numéro de TVA intracommunautaire et déclarer la taxe. C'est souvent le premier seuil qu'un prestataire rencontre dans sa croissance, bien avant le plafond du régime micro. Mieux vaut donc surveiller en priorité le seuil de 37 500 € (services) ou 85 000 € (vente).
Comment suivre son chiffre d'affaires et anticiper le plafond
La difficulté n'est pas de connaître le plafond, mais de savoir en temps réel où vous en êtes, TVA comprise, en distinguant vente et prestation pour les activités mixtes. Un tableur fonctionne au début, mais dès que le volume augmente, un outil de suivi qui additionne automatiquement les encaissements et signale l'approche des seuils fait gagner un temps précieux et évite l'erreur de fin d'année. Voici deux solutions que j'utilise et recommande pour piloter son chiffre d'affaires face aux seuils.
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Utiliser le simulateur de chargesMicro-entreprise ou auto-entrepreneur : quelle différence ?
Les termes « auto-entrepreneur », « autoentrepreneur » et « micro-entreprise » désignent aujourd'hui la même chose. Le statut d'auto-entrepreneur a été fusionné avec le régime de la micro-entreprise en 2016 : parler de « limite de CA de l'auto-entreprise » ou de « seuil de la micro-entreprise » revient donc au même. Les plafonds présentés ici s'appliquent indifféremment sous ces deux appellations. Pour aller plus loin sur le coût réel de votre activité, consultez notre guide des charges de l'auto-entrepreneur et celui de l'impôt de l'auto-entrepreneur.
Questions fréquentes
Quel est le chiffre d'affaires maximum pour un auto-entrepreneur ?
En 2026, le chiffre d'affaires maximum est de 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales. Ces montants correspondent au chiffre d'affaires encaissé sur l'année civile. En cas d'activité mixte, le total ne doit pas dépasser 203 100 €, dont 83 600 € maximum pour la part de prestations de services.
Quel chiffre d'affaires ne pas dépasser en auto-entrepreneur ?
Vous ne devez pas dépasser 83 600 € si vous êtes prestataire de services ou en profession libérale, et 203 100 € si vous vendez des marchandises. Un dépassement isolé sur une seule année n'entraîne pas la perte du régime : c'est le dépassement sur deux années civiles consécutives qui provoque la sortie du régime micro l'année suivante.
Quel est le plafond de chiffre d'affaires à ne pas dépasser pour conserver les avantages du statut ?
Pour conserver les avantages du régime micro (abattement forfaitaire, comptabilité allégée, calcul simplifié des cotisations), il faut rester sous 203 100 € (vente) ou 83 600 € (services) sur deux années consécutives au maximum. Au-delà de ce délai, vous basculez au régime réel d'imposition à compter du 1er janvier suivant, tout en pouvant conserver le statut d'entrepreneur individuel.
Est-ce que l'auto-entrepreneur est toujours exonéré de TVA ?
Non. L'auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA tant que son chiffre d'affaires reste sous 85 000 € (vente) ou 37 500 € (services), avec un seuil majoré à 93 500 € et 41 250 €. Au-delà du seuil majoré, il devient redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement et doit alors la facturer et la déclarer. Ces seuils sont indépendants des plafonds du régime micro.
Quels sont les plafonds pour les auto-entreprises (BIC vs BNC) ?
Les activités BIC de vente de marchandises et d'hébergement bénéficient du plafond de 203 100 €. Les activités BIC de prestations de services (commerciales, artisanales) et les activités BNC (professions libérales) partagent le même plafond de 83 600 €. La catégorie fiscale de votre activité détermine donc directement le seuil qui vous concerne.
Quel est le plafond de revenu pour un auto-entrepreneur ?
Attention à ne pas confondre chiffre d'affaires et revenu. Le plafond porte sur le chiffre d'affaires encaissé (203 100 € ou 83 600 €), pas sur le bénéfice. Votre revenu réel correspond au chiffre d'affaires diminué des cotisations sociales, de l'impôt et de vos charges professionnelles. Un prestataire au plafond de 83 600 € dégage un revenu net nettement inférieur à ce montant une fois ces prélèvements déduits.
Que se passe-t-il en cas de dépassement du plafond ?
Un dépassement du plafond de CA sur deux années civiles consécutives entraîne le passage au régime réel d'imposition à compter du 1er janvier suivant, avec perte des avantages du régime micro. Côté TVA, le franchissement du seuil majoré rend la TVA exigible immédiatement, dès le premier jour du mois de dépassement. Il faut alors adapter sa facturation et ses déclarations sans délai.