Guide 2026

CFE auto-entrepreneur 2026 : qui paie, combien, exonérations

Par Romain Petit ·

Un auto-entrepreneur paie la CFE à partir de sa deuxième année d'activité : l'année de création est exonérée, tout comme les micro-entreprises dont le chiffre d'affaires N-2 ne dépasse pas 5 000 €. Sans local professionnel, la cotisation repose sur une base minimum comprise entre 250 et 7 769 €, multipliée par le taux voté par la commune.

CFE auto-entrepreneur 2026 : qui paie, combien, exonérations
  • Exonéré l'année de création : aucune CFE due la première année, mais la déclaration 1447-C-SD reste obligatoire avant le 31 décembre.
  • Exonéré sous 5 000 € de chiffre d'affaires : les micro-entreprises dont le CA N-2 ne dépasse pas 5 000 € sont dispensées de cotisation minimum, sans aucune démarche.
  • Base minimum de 250 à 7 769 € en 2026 selon le chiffre d'affaires N-2, quand vous n'avez pas de local professionnel. Cette base est ensuite multipliée par le taux de votre commune.
  • Base réduite de 50 % la deuxième année d'activité : votre première CFE réelle est la plus légère de votre carrière.
  • L'avis n'arrive jamais par courrier : il faut aller le chercher dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, et payer au plus tard le 15 décembre.
  • CFE et URSSAF sont deux choses distinctes : deux organismes, deux calendriers, deux modes de calcul. Votre déclaration de chiffre d'affaires ne vous prévient de rien.

Un auto-entrepreneur doit-il payer la CFE ?

Oui. La cotisation foncière des entreprises est due par toute personne qui exerce en France, à titre habituel, une activité professionnelle non salariée. Le statut de micro-entrepreneur n'y change rien : il n'existe aucune exonération attachée au régime micro-social ou micro-fiscal en tant que tel, comme le rappelle service-public.gouv.fr.

La confusion vient d'ailleurs : beaucoup d'auto-entrepreneurs démarrent, ne reçoivent rien la première année, et en concluent qu'ils ne sont pas concernés. C'est faux, et c'est précisément le piège. Aucune CFE n'est due l'année de la création de l'entreprise, confirme impots.gouv.fr. La facture arrive donc à l'automne de la deuxième année, souvent au pire moment de la trésorerie.

La CFE frappe une réalité économique simple : l'occupation d'un espace pour exercer. Elle est assise sur la valeur locative des biens passibles de taxe foncière que vous utilisez pour votre activité. Un consultant qui travaille depuis son salon, un graphiste en coworking et un artisan avec atelier ne sont donc pas logés à la même enseigne, même à chiffre d'affaires identique. Pour la grande majorité des auto-entrepreneurs, qui n'ont aucun local dédié, c'est un mécanisme de repli qui s'applique : la cotisation minimum, détaillée plus bas.

Un point souvent ignoré : la CFE est établie par la commune de rattachement de votre établissement principal. Si vous êtes domicilié chez vous, c'est votre commune de résidence qui fixe le taux et le niveau de la base minimum. Deux auto-entrepreneurs au même chiffre d'affaires, l'un à Paris, l'autre dans une commune rurale, peuvent payer du simple au triple. Ce n'est pas une anomalie : c'est le principe même d'un impôt local.

CFE et URSSAF : deux prélèvements qu'on confond tout le temps

La recherche « CFE auto-entrepreneur URSSAF » revient en boucle, et pour cause : les deux prélèvements n'ont rien à voir, mais ils tombent sur le même portefeuille. La CFE est un impôt local, géré par la DGFiP, calculé sur une base foncière et payé à l'administration fiscale. Vos cotisations sociales sont un prélèvement social, géré par l'URSSAF, calculé en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé et payé au fil de vos déclarations mensuelles ou trimestrielles.

Concrètement, votre déclaration de chiffre d'affaires sur autoentrepreneur.urssaf.fr n'a aucun effet sur votre CFE, et payer vos cotisations sociales ne vous dispense de rien. Une seule passerelle existe : la taxe pour frais de chambres consulaires (CCI ou chambre de métiers). Pour un micro-entrepreneur, elle est recouvrée par l'URSSAF en même temps que les cotisations sociales, et non avec la CFE, comme le précise impots.gouv.fr.

Si vous voulez la carte complète de ce que vous payez réellement en micro-entreprise, nous l'avons détaillée dans notre guide des charges de l'auto-entrepreneur, et notre simulateur de charges vous donne le net qui reste une fois les cotisations et l'impôt déduits.

Comment est calculée la CFE d'un auto-entrepreneur ?

Le calcul tient en une multiplication : base d'imposition × taux voté par la commune. La base correspond à la valeur locative des biens passibles de taxe foncière que vous avez utilisés pour votre activité au cours de l'année N-2. Pour la CFE 2026, ce sont donc vos locaux et votre chiffre d'affaires de 2024 qui servent de référence.

C'est ici que la quasi-totalité des auto-entrepreneurs bascule dans un autre régime. Sans local professionnel, ou avec un local dont la valeur locative est très faible, il n'y a rien de significatif à taxer. L'administration applique alors une cotisation minimum, établie à partir d'une base forfaitaire fixée par le conseil municipal à l'intérieur d'une fourchette nationale. C'est le cas de l'indépendant domicilié chez lui, de l'activité ambulante, du prestataire qui intervient chez ses clients ou du freelance en coworking.

L'erreur de lecture la plus fréquente sur le barème

Les montants du barème officiel (250 à 7 769 €) sont des bases d'imposition, pas des montants de CFE à payer. Votre cotisation réelle, c'est cette base multipliée par le taux de CFE voté par votre commune. Beaucoup de pages recopient le barème en annonçant « vous paierez entre 250 et 597 € » : c'est faux, et c'est ce qui fait croire aux débutants que la CFE est deux à quatre fois plus lourde qu'elle ne l'est réellement.

Prenons un exemple chiffré, avec une hypothèse de taux clairement posée. Un développeur freelance a réalisé 45 000 € de chiffre d'affaires en 2024 et travaille depuis son domicile. Il relève de la tranche 32 601 à 100 000 €, dont la base minimum s'étale de 250 à 2 509 €. Si sa commune a retenu une base de 900 € et voté un taux de CFE de 25 %, sa cotisation ressort à 225 €, avant frais de gestion de la fiscalité directe locale. Le taux et la base retenue figurent noir sur blanc sur l'avis : c'est le seul document qui fait foi pour votre situation. Avant même de recevoir cet avis, vous pouvez consulter le taux d'imposition directe locale de votre commune sur le service officiel de la DGFiP : c'est la seule variable qui vous manque pour estimer votre CFE à l'euro près.

Deux ajustements viennent ensuite corriger ce montant. L'année suivant la création, la base d'imposition est réduite de 50 % pour toutes les entreprises nouvelles, comme l'indique la fiche officielle consacrée aux entreprises dépourvues de local. Et si vous avez exercé moins de douze mois sur l'année de référence, le chiffre d'affaires est ajusté au prorata pour déterminer la tranche : une activité lancée en septembre avec 8 000 € encaissés ne vous place pas automatiquement dans la première tranche du barème.

Montant de la CFE auto-entrepreneur : le barème 2026

Voici le barème officiel de la base minimum de CFE applicable en 2026, publié par service-public.gouv.fr. La tranche se détermine sur le chiffre d'affaires ou les recettes hors taxes de l'année N-2, soit 2024 pour la CFE 2026. Dans chaque tranche, le conseil municipal choisit librement un montant de base entre le plancher et le plafond.

Barème de la base minimum de CFE 2026, par tranche de chiffre d'affaires N-2
Chiffre d'affaires HT en N-2 (2024)Base minimum de CFE 2026Profil type concerné
Jusqu'à 5 000 €Exonération de cotisation minimumActivité de complément, démarrage très progressif
De 5 001 à 10 000 €250 à 597 €Activité accessoire ou première année pleine
De 10 001 à 32 600 €250 à 1 194 €Activité principale en montée en charge
De 32 601 à 100 000 €250 à 2 509 €Freelance établi à temps plein
De 100 001 à 250 000 €250 à 4 183 €Micro-entreprise au plafond ou activité de négoce
De 250 001 à 500 000 €250 à 5 974 €Au-delà des plafonds micro, structure au réel
À partir de 500 001 €250 à 7 769 €TPE et PME

Trois lectures utiles de ce tableau. Premièrement, le plancher est identique dans toutes les tranches : 250 € de base. Une commune peut donc appliquer le même minimum à un auto-entrepreneur à 12 000 € de chiffre d'affaires et à une entreprise à 400 000 €. Deuxièmement, l'écart entre plancher et plafond atteint un facteur dix : la commune où vous êtes domicilié pèse davantage sur votre CFE que votre propre chiffre d'affaires. Troisièmement, les tranches ne sont pas calées sur les plafonds de la micro-entreprise : un auto-entrepreneur en prestation de services proche de son plafond de chiffre d'affaires reste dans la tranche 32 601 à 100 000 €.

Pour situer l'ordre de grandeur dans votre budget : les taux communaux se situant généralement autour du quart de la base, la CFE d'un auto-entrepreneur sans local se compte le plus souvent en dizaines ou en quelques centaines d'euros par an. C'est rarement dramatique en valeur absolue. Ce qui fait mal, c'est le calendrier : un paiement unique le 15 décembre, sur une activité qui encaisse au fil de l'eau et n'a rien provisionné.

Exonération de CFE : les cas qui vous concernent vraiment

L'exonération de CFE n'est pas une faveur à négocier : c'est un droit ouvert par des situations précises. Voici les cinq cas qui concernent réellement les micro-entrepreneurs, du plus fréquent au plus spécifique.

1. L'année de création : exonération totale

Vous ne payez aucune CFE l'année où vous créez votre micro-entreprise. L'exonération est automatique dans son principe, mais elle suppose que l'administration sache que vous existez : la déclaration 1447-C-SD doit être déposée avant le 31 décembre de l'année de création. C'est elle qui déclenche à la fois l'exonération de première année et la réduction de 50 % de base l'année suivante. La négliger, c'est s'exposer à une taxation d'office sur une base qui ne correspond pas à votre situation.

2. Un chiffre d'affaires N-2 inférieur ou égal à 5 000 €

Les redevables dont le chiffre d'affaires ou les recettes, ajustés à douze mois, ne dépassent pas 5 000 € sont exonérés de cotisation minimum. C'est l'exonération la plus utile pour les activités de complément, et elle est automatique : aucune démarche, aucun formulaire, aucune demande à formuler. Le seuil s'apprécie sur l'année N-2, donc sur 2024 pour la CFE 2026. Attention au mécanisme de sortie : une année à 6 000 € vous rend redevable deux ans plus tard, même si votre activité a ralenti entre-temps.

3. Les activités exonérées de plein droit, en permanence

Certaines activités sont exonérées de CFE quel que soit leur chiffre d'affaires. Bpifrance Création recense les principaux cas qui touchent les indépendants.

Activités exonérées de CFE de plein droit et conditions à remplir
ActivitéConditions à remplir
ArtisanTravail manuel prépondérant, aucune spéculation sur la matière première, pas d'installations importantes, travail seul ou avec l'aide du conjoint, des enfants ou d'apprentis sous contrat
Chauffeur de taxiPropriétaire ou locataire d'un à deux véhicules de sept places maximum
Professeur particulierEnseignement dispensé à son domicile ou chez ses élèves
SportifRevenus tirés de la seule pratique d'un sport
Vendeur à domicile indépendant (VDI)Rémunération brute annuelle inférieure à 7 930 €
Artiste, activité agricoleActivités limitativement énumérées par le Code général des impôts

L'exonération des artisans est la plus mal comprise : elle ne dépend pas de votre code APE ni de votre inscription au répertoire des métiers, mais de la réalité de votre organisation. Un artisan qui embauche un salarié non apprenti, ou qui investit dans un outillage conséquent, sort du champ de l'exonération. En cas de doute, l'interprétation de l'administration est publiée au BOFiP et lui est opposable.

4. Les exonérations liées à votre implantation

Si votre établissement est situé dans une zone d'aide — quartier prioritaire de la politique de la ville, bassin d'emploi à redynamiser, zone de restructuration de la défense, zone de développement prioritaire, entre autres — vous pouvez bénéficier d'une exonération temporaire. Ces régimes sont plafonnés : la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) fige ainsi le plafond d'exonération en quartier prioritaire à 33 637 € de base à compter du 1er janvier 2026. Un point à vérifier avant de choisir une adresse de domiciliation.

5. L'exonération facultative de trois ans votée par la commune

Certaines communes ont délibéré en faveur d'une exonération de CFE de trois ans pour les entreprises nouvellement créées, applicable à partir de l'année suivant la création. Elle n'est ni automatique ni générale : elle dépend d'une délibération de votre collectivité. C'est l'une des rares questions où un appel au service des impôts des entreprises dont vous dépendez vaut mieux qu'une heure de recherche en ligne.

La déclaration 1447-C-SD : la démarche à ne pas rater

Le formulaire 1447-C-SD, ou déclaration initiale de CFE (Cerfa n° 14187*16), est la seule démarche obligatoire de tout le parcours. Il n'est ni pré-rempli, ni rappelé par un courriel, ni intégré au parcours de création d'entreprise du guichet unique. C'est pour cette raison qu'il est massivement oublié.

1

Récupérer le formulaire

Téléchargez la déclaration initiale 1447-C-SD depuis service-public.gouv.fr. Elle porte l'intitulé « Cotisation foncière des entreprises — Déclaration initiale » et le numéro Cerfa 14187*16.

2

Le remplir avec les bonnes informations

Identité, numéro SIRET, adresse de l'établissement, nature de l'activité, surface éventuellement occupée. Si vous travaillez depuis votre domicile sans pièce dédiée, indiquez-le : c'est ce qui déclenche l'application de la cotisation minimum plutôt qu'un calcul sur valeur locative. Votre SIRET figure sur votre avis de situation SIRENE, dont nous détaillons l'obtention dans notre guide sur le Kbis de l'auto-entrepreneur.

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L'envoyer avant le 31 décembre de l'année de création

La déclaration se dépose auprès du service des impôts des entreprises dont dépend votre établissement, au plus tard le 31 décembre de l'année de création. Pour une micro-entreprise créée en 2026, la date butoir est donc le jeudi 31 décembre 2026. Conservez une copie datée : c'est votre preuve en cas de contestation ultérieure.

Cette déclaration n'est à faire qu'une fois. Vous ne la reprenez qu'en cas de changement significatif : déménagement de l'établissement, prise d'un local, modification importante de la surface occupée ou changement d'activité. En dehors de ces cas, l'administration reconduit votre situation d'année en année.

Quand payer la CFE auto-entrepreneur ?

Le calendrier de la CFE est fixe et identique chaque année : un solde au 15 décembre, précédé d'un acompte au 15 juin pour les seuls redevables dont la CFE de l'année précédente a dépassé 3 000 €. Autant dire que la quasi-totalité des auto-entrepreneurs n'a qu'une échéance à retenir.

Calendrier de paiement de la CFE 2026 : échéances et montants dus
ÉchéanceQui est concernéMontant dûDate limite
AcompteRedevables dont la CFE 2025 a dépassé 3 000 €50 % de la CFE de l'année précédente15 juin 2026
SoldeTous les redevablesCFE de l'année, déduction faite de l'acompte éventuelMardi 15 décembre 2026, minuit
Rôles supplémentairesRedevables faisant l'objet d'un rôle émis en novembreMontant notifié sur l'avis15 janvier 2027

La date limite est fixée chaque année au 15 juin minuit pour l'acompte et au 15 décembre minuit pour le solde, reportée au premier jour ouvré suivant si le 15 tombe un samedi ou un dimanche. Le 15 décembre 2026 tombant un mardi, il n'y aura pas de report cette année.

Le paiement est obligatoirement dématérialisé pour toutes les entreprises situées dans la zone SEPA. Trois modalités sont acceptées : le paiement direct en ligne depuis l'avis, le prélèvement automatique à l'échéance et le prélèvement mensuel. Ni le chèque, ni le TIP, ni le virement classique ne sont admis. Le prélèvement mensuel est le plus confortable : il lisse la CFE sur l'année et supprime le choc de trésorerie de décembre.

Où trouver le montant de votre CFE ?

Sur votre espace professionnel impots.gouv.fr, et nulle part ailleurs. L'avis de CFE n'est pas envoyé par courrier : c'est le point qui prend au dépourvu presque tous les auto-entrepreneurs qui reçoivent leur première imposition. Aucune lettre, aucun recommandé, et une simple notification par courriel si vous avez renseigné votre adresse.

Le chemin est le suivant : connectez-vous à votre espace professionnel, puis suivez Mes services › Consulter › Avis CFE, ou passez par Accès par impôt › Cotisation foncière des entreprises › Avis d'imposition. Si vous n'avez pas encore d'espace professionnel, créez-le depuis la page de connexion en choisissant le mode simplifié : comptez quelques jours, le temps de recevoir le code d'activation par courrier. C'est un préalable indispensable, et c'est aussi la première chose à faire quand on lance une micro-entreprise, avant même d'en avoir besoin.

L'oubli qui coûte une majoration

Pas de local professionnel, pas de courrier, une échéance unique en décembre : la CFE réunit toutes les conditions de l'impôt qu'on oublie. La majoration pour paiement tardif, elle, s'applique automatiquement. Le réflexe qui règle le problème une fois pour toutes : activer le prélèvement mensuel dès la première année de redevabilité, ou poser un rappel récurrent au 1er novembre pour aller consulter l'avis.

Erreur, cessation d'activité, CFE non due : comment réagir

Trois situations reviennent régulièrement, et chacune se traite différemment.

L'avis semble erroné. La base retenue ne correspond pas à votre situation, ou vous êtes imposé alors que vous relevez d'une exonération : formulez une réclamation depuis la messagerie sécurisée de votre espace professionnel, justificatifs à l'appui. La réclamation ne suspend pas l'obligation de payer, sauf demande expresse de sursis de paiement. Payer puis contester reste la stratégie la moins risquée.

Vous cessez votre activité en cours d'année. La CFE est due pour l'année entière dès lors que vous êtes en activité au 1er janvier. En cas de cessation en cours d'année, vous pouvez demander un dégrèvement au prorata du temps d'activité, mais il n'est pas automatique : il faut le solliciter auprès du service des impôts des entreprises. C'est l'un des remboursements les plus souvent laissés de côté par les auto-entrepreneurs qui ferment.

Vous n'avez jamais rien déclaré. Si vous avez créé votre micro-entreprise il y a deux ans sans déposer la 1447-C-SD, ne restez pas dans l'attente. Régularisez spontanément auprès du service des impôts des entreprises : une déclaration tardive et une base corrigée valent toujours mieux qu'une taxation d'office maintenue faute de réponse.

Provisionner la CFE sans y penser

La CFE n'est pas un impôt lourd, c'est un impôt mal anticipé. Le montant tombe en une fois, en décembre, sur une année de référence vieille de deux ans, et sans courrier pour vous prévenir. La parade tient en deux gestes : connaître son montant à l'avance, et mettre l'argent de côté au fil de l'eau plutôt qu'en urgence.

Un outil de comptabilité pour indépendant automatise ce suivi : il rapatrie vos transactions bancaires, tient votre livre des recettes, calcule vos seuils et vous rappelle les échéances fiscales. C'est le même socle qui sert à suivre votre plafond de chiffre d'affaires et vos seuils de TVA. Parmi les solutions que nous avons testées pour la micro-entreprise, Indy est celle qui va le plus loin sur la partie déclarative.

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  • Déclarations URSSAF et TVA automatisées et télétransmises dès la formule Premium
  • Immatriculé Plateforme Agréée par la DGFiP pour la facturation électronique
Points faibles
  • Ne télétransmet pas la CFE : cet impôt se paie exclusivement depuis votre espace professionnel impots.gouv.fr
  • Les déclarations obligatoires sont réservées à la formule Premium
  • Certaines structures restent hors périmètre, notamment les associations

Précision importante, parce qu'aucun outil ne le fait à votre place : la CFE ne se télédéclare ni ne se paie depuis un logiciel de comptabilité. Elle se règle uniquement depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Ce qu'un outil apporte, c'est la visibilité sur le chiffre d'affaires qui déterminera votre tranche, et la discipline de provision. Si vous hésitez entre plusieurs solutions, notre comparatif des logiciels de comptabilité pour auto-entrepreneur les met face à face.

Votre situation face à la CFE, profil par profil

1
Micro-entreprise créée cette année
Aucune CFE à payer, mais une déclaration à faire
Exonération totale l'année de création. Déposez la 1447-C-SD avant le 31 décembre : c'est elle qui ouvre l'exonération et la réduction de 50 % de base l'année suivante.
2
Activité de complément sous 5 000 € de CA
Exonéré de cotisation minimum, sans démarche
L'exonération s'apprécie sur le chiffre d'affaires N-2 ajusté à douze mois. Surveillez le franchissement du seuil : il vous rend redevable deux ans plus tard.
3
Freelance à temps plein sans local
Cotisation minimum, base de 250 à 2 509 €
Tranche 32 601 à 100 000 € de chiffre d'affaires. Le montant réel dépend de la base votée par votre commune et de son taux : provisionnez dès le premier trimestre.
4
Artisan, taxi, professeur particulier ou VDI
Vérifiez votre exonération de plein droit
Ces activités sont exonérées en permanence, sous conditions strictes d'organisation. L'exonération se perd dès que la structure grossit : elle se revérifie chaque année.

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FAQ

Questions fréquentes sur la CFE en auto-entreprise

Est-ce qu'un auto-entrepreneur doit payer la CFE ?

Oui. La CFE est due par toute personne exerçant en France, à titre habituel, une activité professionnelle non salariée, y compris sous le régime de la micro-entreprise. Aucune CFE n'est due l'année de la création : la première imposition intervient l'année suivante. Une exception importante subsiste ensuite : les redevables dont le chiffre d'affaires N-2 ne dépasse pas 5 000 € sont exonérés de cotisation minimum. En pratique, un auto-entrepreneur sans local professionnel paie une cotisation minimum assise sur une base forfaitaire fixée par sa commune.

Comment être exonéré de la CFE ?

Trois voies existent. L'exonération de première année est acquise à tous les créateurs, à condition d'avoir déposé la déclaration 1447-C-SD avant le 31 décembre de l'année de création. L'exonération pour chiffre d'affaires N-2 inférieur ou égal à 5 000 € est automatique et ne demande aucune démarche. Enfin, certaines activités sont exonérées de plein droit en permanence, comme les artisans travaillant seuls, les professeurs enseignant à domicile ou les chauffeurs de taxi sous conditions. Votre commune peut par ailleurs avoir voté une exonération facultative de trois ans pour les entreprises nouvelles.

Qui peut être exonéré de la CFE ?

Les entreprises créées dans l'année, celles dont le chiffre d'affaires N-2 ne dépasse pas 5 000 €, et une liste d'activités exonérées de plein droit : artisans dont le travail manuel est prépondérant et qui exercent seuls ou avec l'aide de leur conjoint, de leurs enfants ou d'apprentis sous contrat ; chauffeurs de taxi propriétaires d'un à deux véhicules de sept places maximum ; professeurs donnant cours à leur domicile ou chez leurs élèves ; sportifs ; vendeurs à domicile indépendants dont la rémunération brute annuelle reste inférieure à 7 930 € ; artistes et activités agricoles. Des exonérations territoriales existent également en zone d'aide.

Comment connaître le montant de la CFE auto-entrepreneur ?

Le montant exact figure uniquement sur votre avis de CFE, consultable dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Vous pouvez toutefois l'estimer : repérez votre tranche dans le barème officiel de base minimum à partir de votre chiffre d'affaires N-2, puis multipliez la base retenue par votre commune par le taux de CFE qu'elle a voté. Ces deux valeurs sont indiquées sur l'avis. Attention à ne pas confondre la base d'imposition, comprise entre 250 et 7 769 € en 2026, avec la cotisation réellement due, qui n'en représente qu'une fraction.

Quel est le montant minimum de la CFE ?

Le barème 2026 fixe un plancher de base minimum de 250 €, identique dans toutes les tranches de chiffre d'affaires. Ce montant est une base d'imposition, pas une cotisation : la CFE réellement due correspond à cette base multipliée par le taux voté par la commune. En dessous de 5 001 € de chiffre d'affaires N-2, aucune cotisation minimum n'est due. Le plafond de base, lui, varie selon la tranche : 597 € jusqu'à 10 000 € de chiffre d'affaires, et jusqu'à 7 769 € au-delà de 500 000 €.

Quand payer la CFE auto-entrepreneur ?

Le solde de la CFE doit être payé au plus tard le 15 décembre à minuit, reporté au premier jour ouvré suivant si cette date tombe un samedi ou un dimanche. Pour 2026, le 15 décembre tombe un mardi : aucun report. Un acompte de 50 % est exigé le 15 juin, mais des seuls redevables dont la CFE de l'année précédente a dépassé 3 000 €, ce qui ne concerne quasiment aucun auto-entrepreneur. Le paiement est obligatoirement dématérialisé : paiement en ligne, prélèvement à l'échéance ou prélèvement mensuel.

Où trouver le montant de la CFE ?

Dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, rubrique Mes services, puis Consulter, puis Avis CFE. L'avis de CFE n'est pas envoyé par courrier postal : aucune lettre n'arrivera dans votre boîte. Si vous n'avez pas encore d'espace professionnel, créez-le depuis la page de connexion du site en choisissant le mode simplifié, en prévoyant quelques jours pour recevoir le code d'activation. Sans cet espace, vous ne pouvez ni consulter votre avis ni payer votre CFE, alors que la majoration pour retard, elle, s'applique automatiquement.

Méthodologie et sources

Ce guide a été rédigé le 24 août 2026 à partir des sources officielles en vigueur à cette date. Le barème de base minimum 2026, les seuils d'exonération et les dates d'échéance proviennent de service-public.gouv.fr et d'impots.gouv.fr. Les règles applicables aux entreprises dépourvues de local, dont la réduction de 50 % de base la deuxième année, sont issues de la fiche officielle correspondante. La liste des activités exonérées de plein droit s'appuie sur Bpifrance Création et sur la doctrine publiée au BOFiP.

Les tarifs Indy cités sont ceux relevés sur indy.fr le 6 août 2026, en facturation annuelle et hors taxes ; ils font foi sur le site de l'éditeur. L'exemple de calcul présenté dans la section consacrée au montant repose sur une hypothèse de taux communal explicitement indiquée : il illustre le mécanisme, il ne préjuge pas de votre imposition réelle, qui dépend de la base et du taux votés par votre propre commune et figure sur votre avis.