TVA auto-entrepreneur 2026 : seuils, franchise et déclaration
Par Romain Petit ·
En auto-entreprise, vous ne facturez pas de TVA tant que votre chiffre d'affaires reste sous 37 500 € en prestations de services ou 85 000 € en vente de marchandises : c'est la franchise en base. Au-delà, vous devenez redevable de la TVA. Voici les seuils 2026, les règles de dépassement et la marche à suivre.
- ✓La franchise en base est le régime par défaut : aucune TVA facturée, aucune déclaration de TVA, mention obligatoire sur vos factures.
- ✓Seuils 2026 inchangés : 37 500 € (services) et 85 000 € (vente de marchandises), avec des seuils majorés à 41 250 € et 93 500 €.
- ✓Le seuil unique à 25 000 € a été abandonné : la loi du 3 novembre 2025 a supprimé la mesure, les seuils historiques restent en vigueur.
- ✓Dépassement du seuil majoré = TVA immédiate : elle s'applique aux opérations réalisées à compter du jour même du dépassement, pas au mois suivant.
- ✓Seuil de TVA ≠ plafond de la micro-entreprise : les plafonds micro sont montés à 83 600 € et 203 100 € en 2026, les seuils de TVA n'ont pas bougé.
- ✓Assujetti = TVA collectée mais aussi TVA déductible : vous facturez la taxe, et vous récupérez celle payée sur vos achats professionnels.
TVA auto-entrepreneur : la franchise en base, régime par défaut
La TVA auto-entrepreneur repose sur un mécanisme unique : la franchise en base de TVA. Prévue par l'article 293 B du Code général des impôts, elle dispense les petites entreprises de collecter et de reverser la TVA tant que leur chiffre d'affaires reste sous certains seuils. Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas le statut d'auto-entrepreneur qui exonère de TVA : c'est le niveau de chiffre d'affaires.
Concrètement, un auto-entrepreneur en franchise facture ses clients au prix net, sans ligne de TVA. Il n'a aucune déclaration de TVA à déposer, aucun acompte à verser, et il n'a pas besoin de numéro de TVA intracommunautaire pour ses opérations franco-françaises. En contrepartie, il ne peut pas récupérer la TVA qu'il paie sur ses propres achats professionnels : son ordinateur, son abonnement logiciel ou son matériel lui coûtent le prix TTC, définitivement.
Ce régime concerne l'immense majorité des micro-entrepreneurs. Sur le terrain, la question qui revient n'est donc jamais « suis-je exonéré ? » mais « jusqu'à quand le suis-je ? ». Toute la difficulté tient à deux séries de seuils qui ne se déclenchent pas de la même façon, et à un calendrier de bascule qu'il faut anticiper plusieurs mois à l'avance pour ne pas se retrouver à devoir refacturer 20 % à des clients qui ne s'y attendaient pas.
Seuil de TVA auto-entrepreneur : les montants officiels 2026
Pour 2026, les seuils de franchise en base sont inchangés. Chaque activité relève de deux montants : un seuil de base, apprécié sur le chiffre d'affaires de l'année civile précédente, et un seuil majoré (dit de tolérance), apprécié sur l'année en cours. Les deux jouent des rôles différents, et c'est précisément là que la plupart des auto-entrepreneurs se trompent.
| Activité | Montant du seuil de base (CA année N-1) | Montant du seuil majoré (CA année en cours) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, restauration sur place, hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services (BIC) et professions libérales (BNC) | 37 500 € | 41 250 € |
| Avocats — opérations réglementées | 50 000 € | 55 000 € |
| Auteurs et artistes-interprètes — livraison d'œuvres, cession de droits | 50 000 € | 55 000 € |
| Avocats, auteurs et artistes — autres opérations | 35 000 € | 38 500 € |
Ces montants sont ceux publiés par l'administration sur la fiche officielle Franchise en base de TVA, mise à jour au 1er janvier 2026, et repris par l'Urssaf dans sa fiche pratique consacrée à la TVA des auto-entrepreneurs. Ils s'apprécient en chiffre d'affaires encaissé hors taxes, sur l'année civile, et sont proratisés la première année d'activité en cas de création en cours d'année.
Un point mérite d'être clarifié une bonne fois : le projet de seuil unique à 25 000 €, voté fin 2024 puis suspendu au printemps 2025, a été définitivement abandonné. La loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025 a modifié l'article 293 B du CGI pour rétablir et sécuriser les seuils historiques. Aucune baisse n'est applicable en 2026 : si vous lisez encore des articles évoquant 25 000 € ou 27 500 €, ils datent d'un projet qui n'a jamais pris effet.
Seuil de TVA et plafond de la micro-entreprise : ne pas confondre
C'est la confusion la plus coûteuse en pratique. Le plafond de la micro-entreprise détermine si vous conservez le régime micro (abattement forfaitaire, cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires). Le seuil de franchise de TVA détermine si vous facturez la taxe. Ce sont deux dispositifs distincts, avec des montants différents, révisés selon des calendriers différents.
| Nature de l'activité | Plafond du régime micro 2026 | Seuil de franchise de TVA 2026 |
|---|---|---|
| Prestations de services et professions libérales | 83 600 € | 37 500 € |
| Vente de marchandises et hébergement | 203 100 € | 85 000 € |
L'écart s'est encore creusé cette année : les plafonds du régime micro ont été revalorisés de 7,6 % pour le triennat 2026-2028 (contre 77 700 € et 188 700 € sur 2023-2025), tandis que les seuils de TVA sont restés figés. Conséquence directe : un prestataire de services peut parfaitement rester auto-entrepreneur tout en étant assujetti à la TVA — c'est même le cas de figure le plus fréquent au-delà de 37 500 € de chiffre d'affaires. Le détail des plafonds et des règles de dépassement figure dans notre guide dédié au plafond auto-entrepreneur 2026.
Exonération de TVA auto-entrepreneur : qui en bénéficie vraiment ?
Parler d'« exonération de TVA » est un abus de langage commode mais imprécis. Juridiquement, l'auto-entrepreneur en franchise reste un assujetti à la TVA : il entre dans le champ de la taxe, mais il en est dispensé de collecte. La nuance a des effets concrets, notamment sur les opérations avec l'étranger, où le statut d'assujetti prime sur le bénéfice de la franchise.
Bénéficient de la franchise en base tous les micro-entrepreneurs dont le chiffre d'affaires de l'année précédente est resté sous le seuil de base applicable à leur activité, et dont le chiffre d'affaires de l'année en cours ne dépasse pas le seuil majoré. Sont en revanche exclues du dispositif certaines opérations spécifiques, en particulier les livraisons intracommunautaires de moyens de transport neufs et les opérations immobilières soumises de plein droit à la TVA.
Attention également aux opérations européennes : dès que vous achetez pour plus de 10 000 € de biens par an auprès de fournisseurs de l'Union européenne, ou que vous rendez ou recevez une prestation de services auprès d'un assujetti établi dans l'UE — quel que soit le montant —, vous devez demander un numéro de TVA intracommunautaire auprès de votre service des impôts des entreprises, même en franchise. C'est le cas typique du freelance qui facture un client européen ou qui s'abonne à un outil SaaS irlandais.
Quand un auto-entrepreneur assujetti à la TVA doit-il la facturer ?
Deux mécanismes distincts font sortir de la franchise. Le premier est progressif et laisse le temps de s'organiser ; le second est immédiat et prend chaque année des milliers d'indépendants de court.
Dépassement du seuil de base : TVA au 1er janvier suivant
Si votre chiffre d'affaires de l'année N-1 dépasse le seuil de base (37 500 € en services, 85 000 € en vente) sans franchir le seuil majoré, vous perdez la franchise au 1er janvier de l'année suivante. Exemple : un développeur freelance encaisse 39 000 € en 2026, sous les 41 250 € du seuil majoré. Il termine 2026 sans TVA, et devient redevable au 1er janvier 2027 sur toutes ses factures.
Dépassement du seuil majoré : TVA dès le jour du dépassement
Si votre chiffre d'affaires de l'année en cours franchit le seuil majoré (41 250 € en services, 93 500 € en vente), la franchise cesse pour les opérations réalisées à compter de la date de dépassement. Pas le mois suivant, pas l'année suivante : le jour même. La facture qui fait passer la barre doit déjà porter la TVA, au moins pour la fraction qui excède le seuil.
Prenons un exemple chiffré de TVA auto-entrepreneur en situation réelle. Une consultante en communication a encaissé 38 000 € au 30 septembre 2026. Elle signe une mission de 5 000 € facturée le 12 octobre : elle franchit les 41 250 € ce jour-là. Cette facture doit intégrer la TVA à 20 % sur la part dépassant le seuil, et toutes ses factures suivantes sont soumises à la taxe. Elle devra également déclarer ce changement de situation à son service des impôts des entreprises et obtenir un numéro de TVA.
L'erreur classique consiste à découvrir le dépassement en janvier, au moment du bilan. Il est alors trop tard : la TVA est due rétroactivement sur les opérations concernées, et il faut soit émettre des factures rectificatives auprès de clients qui ne comprennent pas, soit absorber la taxe sur sa propre marge. Sur une mission à 5 000 €, cela représente 833 € de TVA à sortir de sa poche.
TVA auto-entrepreneur en prestation de service : le cas le plus fréquent
La majorité des freelances — développeurs, graphistes, consultants, rédacteurs, coachs — relèvent des prestations de services ou des professions libérales, donc du seuil le plus bas : 37 500 € de base et 41 250 € en majoré. À 3 500 € de chiffre d'affaires mensuel, la barre est franchie dès la fin de la première année pleine d'activité. Autrement dit, la question de la TVA n'est pas une hypothèse lointaine : c'est une étape de croissance normale, souvent atteinte au bout de douze à dix-huit mois.
Pour une activité mixte — vente de marchandises et prestations de services —, les deux limites s'appliquent simultanément : le chiffre d'affaires global ne doit pas dépasser le seuil « vente », et la part réalisée en services ne doit pas dépasser le seuil « services ». Un artisan qui vend des produits et facture de la pose bascule le plus souvent par la seconde condition, alors même que son chiffre d'affaires total reste très en dessous de 85 000 €.
Bonne nouvelle sur le plan social : passer à la TVA ne change rien à vos cotisations. Vous continuez de déclarer à l'Urssaf votre chiffre d'affaires hors taxes, sans y intégrer la TVA encaissée pour le compte de l'État. Le calcul de vos charges reste identique — vous pouvez le vérifier avec notre simulateur de charges auto-entrepreneur et notre guide des charges en auto-entreprise.
Régime de TVA auto-entrepreneur : taux applicables et obligations
Une fois redevable, vous appliquez le taux correspondant à la nature de votre prestation ou de votre produit. En France métropolitaine, quatre taux coexistent.
| Taux | Dénomination | Principales applications |
|---|---|---|
| 20 % | Taux normal | Cas général : prestations intellectuelles, conseil, développement, design, la majorité des biens et services |
| 10 % | Taux intermédiaire | Restauration sur place, travaux de rénovation de logements de plus de deux ans, transports de voyageurs, médicaments non remboursables |
| 5,5 % | Taux réduit | Produits alimentaires, travaux d'amélioration énergétique, livres, protections hygiéniques, abonnements gaz et électricité |
| 2,1 % | Taux particulier | Médicaments remboursables, publications de presse inscrites à la CPPAP, redevance télévision |
En Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion, le taux normal est ramené à 8,5 % et le taux réduit à 2,1 %. La TVA n'est pas applicable en Guyane et à Mayotte. Pour les activités mixtes, chaque ligne de facture porte son propre taux : un traiteur applique 10 % sur la prestation servie sur place et 5,5 % sur les produits vendus à emporter.
Le régime déclaratif, lui, dépend du montant de TVA que vous reversez. Le régime réel simplifié s'applique par défaut aux petites structures dont la TVA exigible reste inférieure à 15 000 € par an ; au-delà, le passage au régime réel normal est obligatoire. Les modalités complètes sont détaillées sur la page Les régimes d'imposition à la TVA d'impots.gouv.fr.
Comment facturer avec la TVA en auto-entrepreneur ?
Mention de facture « TVA non applicable, article 293 B du CGI »
Tant que vous êtes en franchise, chacune de vos factures doit porter la mention exacte : « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Elle n'est pas décorative — c'est une mention obligatoire, et son absence expose à un redressement, le client pouvant légitimement considérer que le prix affiché incluait la taxe. Aucun montant de TVA, aucun taux, aucune ligne « TVA 0 % » ne doit apparaître : la facture affiche un prix net, sans distinction HT/TTC.
Cette référence à l'article 293 B reste valable pour toutes vos factures de 2026 : la version en vigueur du texte, modifiée par la loi du 3 novembre 2025, court jusqu'au 1er janvier 2027, date à laquelle la recodification de la partie TVA du Code général des impôts (ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025) prendra le relais. En clair : ne changez rien à vos modèles de factures cette année.
Facture avec TVA : les mentions à ajouter une fois redevable
Le jour où vous devenez redevable, la mention 293 B disparaît de vos documents et laisse place à une structure de facture différente. Quatre éléments s'ajoutent.
- Votre numéro de TVA intracommunautaire, obtenu auprès de votre service des impôts des entreprises via votre espace professionnel.
- Le prix hors taxes de chaque ligne, détaillé par taux applicable.
- Le taux et le montant de TVA correspondants, ventilés si plusieurs taux coexistent sur la même facture.
- Le total TTC, qui devient le montant réellement dû par le client.
Exemple concret : une prestation de conseil facturée 1 000 € en franchise devient 1 000 € HT, soit 1 200 € TTC à 20 %. Pour un client professionnel qui récupère la taxe, le coût réel est identique — le passage à la TVA est neutre. Pour un client particulier, en revanche, la facture augmente de 20 % : c'est l'arbitrage central à anticiper si votre clientèle est majoritairement B2C, où il faut souvent absorber une partie de la hausse sur sa marge.
Ce changement tombe au même moment qu'une autre échéance : la réforme de la facturation électronique. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises, y compris les micro-entreprises, doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques ; l'obligation d'émission s'appliquera aux TPE, PME et micro-entreprises au 1er septembre 2027. Choisir dès maintenant un outil conforme évite d'avoir à migrer deux fois.
Comment déclarer et payer la TVA en micro-entreprise ?
La déclaration se fait intégralement en ligne depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Quatre étapes, dans cet ordre.
Signaler le dépassement et obtenir un numéro de TVA
Contactez votre service des impôts des entreprises dès le franchissement du seuil, via la messagerie sécurisée de votre espace professionnel. L'administration vous attribue un numéro de TVA intracommunautaire et vous rattache à un régime déclaratif.
Choisir votre régime : réel simplifié ou réel normal
Le réel simplifié repose sur une déclaration annuelle CA12 (formulaire n° 3517), à déposer au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai. Le réel normal impose une déclaration CA3 (n° 3310) mensuelle, ou trimestrielle si la TVA due annuellement est inférieure à 4 000 €. Le réel normal est obligatoire dès que la TVA exigible dépasse 15 000 € par an.
Verser les acomptes semestriels (régime simplifié)
Au réel simplifié, vous versez deux acomptes calculés sur la TVA de l'exercice précédent : 55 % en juillet et 40 % en décembre. Vous en êtes dispensé si la TVA due au titre de l'exercice précédent est inférieure à 1 000 €, ce qui est fréquent la première année.
Régulariser et payer le solde
La déclaration annuelle récapitule la TVA collectée sur vos ventes, déduit la TVA payée sur vos achats professionnels, et solde les acomptes déjà versés. Le paiement s'effectue par télérèglement depuis le même espace. Détail des échéances sur la fiche Déclarer et payer la TVA.
Aucune de ces obligations ne se substitue à vos déclarations Urssaf ni à votre déclaration de revenus : elles s'y ajoutent. Le rythme de gestion change réellement — c'est le moment où la tenue manuelle sur tableur atteint ses limites, et où les questions d'imposition en auto-entreprise méritent d'être revues dans leur ensemble. Les obligations déclaratives officielles sont détaillées par la DGFiP.
Récupération de TVA auto-entrepreneur : ce qui change une fois redevable
En franchise, la réponse est nette : aucune récupération n'est possible. La TVA payée sur vos achats professionnels — ordinateur, logiciels, matériel, sous-traitance, frais de déplacement — est un coût définitif. C'est la contrepartie logique du dispositif : on ne collecte pas, donc on ne déduit pas.
Une fois redevable, le mécanisme s'inverse. Vous collectez la TVA pour le compte de l'État, mais vous déduisez celle facturée par vos fournisseurs sur vos dépenses professionnelles. Vous ne reversez que la différence. Concrètement : 4 000 € de TVA collectée sur un trimestre et 900 € de TVA déductible sur vos achats se soldent par 3 100 € à verser. Si la TVA déductible excède la TVA collectée — cas fréquent lors d'un investissement important —, vous obtenez un crédit de TVA, reportable ou remboursable.
Pour que la déduction soit admise, trois conditions doivent être réunies : la dépense doit être engagée pour les besoins de l'activité, vous devez détenir une facture au nom de l'entreprise mentionnant la TVA, et la taxe doit être exigible chez le fournisseur. Conservez tous vos justificatifs : c'est le premier point contrôlé en cas de vérification.
Faut-il opter volontairement pour la TVA ?
Rien n'oblige à attendre le dépassement : l'article 293 F du CGI permet d'opter volontairement pour le paiement de la TVA. L'option prend effet le premier jour du mois où elle est déclarée et engage pour deux années, celle de la déclaration comprise. Ce choix est rarement pertinent, mais il l'est franchement dans certaines configurations.
Opter volontairement pour la TVA en auto-entreprise
- ✓Vous récupérez la TVA sur vos investissements : pertinent si vous équipez votre activité (matériel, véhicule, outillage)
- ✓Aucun impact tarifaire si votre clientèle est composée de professionnels assujettis, qui déduisent la taxe
- ✓Vous crédibilisez votre structure auprès de donneurs d'ordre habitués à des factures avec TVA
- ✓Vous évitez la bascule brutale en cours d'année et l'urgence administrative qui l'accompagne
- ✗Vos prix augmentent mécaniquement de 20 % pour une clientèle de particuliers
- ✗Vous ajoutez déclarations, acomptes et échéances à votre gestion courante
- ✗L'engagement court sur deux ans minimum : impossible de revenir en arrière en cours de route
- ✗La tenue comptable devient plus exigeante, avec un suivi séparé de la TVA collectée et déductible
La règle de décision que j'applique est simple : si plus de 80 % de votre chiffre d'affaires provient de clients professionnels assujettis et que vous prévoyez des achats significatifs, l'option est gagnante. Si vous facturez des particuliers, restez en franchise aussi longtemps que possible — chaque euro de TVA ajoutée sort directement de votre compétitivité.
Suivre son seuil de TVA sans y penser : les outils
Le vrai risque n'est pas de payer la TVA : c'est de découvrir trop tard qu'on la devait. Un tableur mis à jour irrégulièrement ne prévient jamais du dépassement. Deux outils français traitent correctement ce point précis, avec alerte de seuil et bascule guidée — je les utilise et les recommande dans cet ordre selon le profil.
Indy
Comptabilité automatisée avec suivi des seuils de TVA et déclarations télétransmises
- ✓Suivi des seuils de TVA et alerte de sortie du régime micro dès l'offre Plus
- ✓Auto-détection de la TVA et déclarations mensuelles, trimestrielles ou annuelles télétransmises sur l'offre Premium
- ✓Synchronisation bancaire et catégorisation automatique des dépenses, utile pour la TVA déductible
- ✓Offre Essentiel réellement gratuite : facturation électronique et devis illimités
- ✗Le suivi des seuils n'est pas inclus dans l'offre gratuite
- ✗Interface pensée pour la comptabilité : la prise en main demande un peu de temps si vous cherchez seulement à facturer
Abby
Gestion tout-en-un pour auto-entrepreneurs, avec alertes de seuils dès la version gratuite
- ✓Alertes des seuils de TVA disponibles dès la formule Basique gratuite
- ✓Déclaration de TVA incluse à partir de la formule Start
- ✓Déclaration Urssaf intégrée : suivi du chiffre d'affaires et des cotisations au même endroit
- ✓Livre des recettes et registre des achats conformes aux obligations micro
- ✗Fonctions comptables moins poussées qu'un outil dédié à la compta complète
- ✗Les formules supérieures deviennent nécessaires dès que l'activité se structure
Notre verdict : quelle organisation adopter selon votre situation ?
Questions fréquentes
Pourquoi pas de TVA en auto-entrepreneur ?
Parce que l'auto-entrepreneur bénéficie par défaut de la franchise en base de TVA prévue par l'article 293 B du CGI. Ce dispositif dispense les petites entreprises de collecter la taxe tant que leur chiffre d'affaires reste sous les seuils fixés : 37 500 € en prestations de services et 85 000 € en vente de marchandises. Ce n'est pas une exonération liée au statut lui-même, mais une dispense liée au niveau d'activité. En contrepartie, l'auto-entrepreneur ne peut pas récupérer la TVA payée sur ses achats professionnels.
Quel seuil de TVA pour un auto-entrepreneur ?
En 2026, deux seuils coexistent par activité. Pour les prestations de services et les professions libérales : 37 500 € de chiffre d'affaires sur l'année précédente et 41 250 € en seuil majoré sur l'année en cours. Pour la vente de marchandises, la restauration sur place et l'hébergement : 85 000 € et 93 500 €. Les avocats, auteurs et artistes-interprètes relèvent de seuils spécifiques de 50 000 € et 55 000 € sur leurs opérations réglementées. Ces montants sont inchangés par rapport à 2025.
Quand un auto-entrepreneur doit-il payer la TVA ?
Dans deux cas. Si votre chiffre d'affaires de l'année précédente a dépassé le seuil de base sans franchir le seuil majoré, vous devenez redevable au 1er janvier de l'année suivante. Si votre chiffre d'affaires de l'année en cours franchit le seuil majoré (41 250 € en services, 93 500 € en vente), la franchise cesse immédiatement : la TVA s'applique aux opérations réalisées à compter du jour même du dépassement, y compris la facture qui fait franchir la barre.
Est-ce que l'auto-entrepreneur est toujours exonéré de TVA ?
Non. La dispense de TVA dépend uniquement du chiffre d'affaires, pas du statut. Un auto-entrepreneur qui dépasse les seuils devient redevable tout en conservant son régime micro-social et micro-fiscal. C'est même une situation courante depuis que les plafonds du régime micro (83 600 € en services, 203 100 € en vente pour 2026-2028) sont largement supérieurs aux seuils de TVA. On peut donc parfaitement être auto-entrepreneur et assujetti à la TVA en même temps.
Comment facturer avec TVA en auto-entrepreneur ?
Une fois redevable, vos factures doivent faire apparaître le prix hors taxes par ligne, le taux de TVA applicable, le montant de TVA correspondant et le total TTC. Vous devez également y porter votre numéro de TVA intracommunautaire, obtenu auprès de votre service des impôts des entreprises. La mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » disparaît de vos documents : la conserver alors que vous facturez la taxe constitue une irrégularité.
Comment calculer la TVA auto-entrepreneur ?
Multipliez votre prix hors taxes par le taux applicable. Au taux normal de 20 %, une prestation de 1 000 € HT génère 200 € de TVA, soit 1 200 € TTC. Pour retrouver le montant hors taxes à partir d'un prix TTC, divisez par 1,20. Ce que vous reversez à l'État n'est pas la totalité de la TVA collectée : vous en déduisez la TVA payée sur vos achats professionnels et ne versez que la différence. Les taux applicables sont de 20 %, 10 %, 5,5 % ou 2,1 % selon la nature du bien ou du service.
Est-ce qu'un auto-entrepreneur peut récupérer la TVA ?
Seulement s'il est redevable. En franchise en base, la TVA payée sur les achats professionnels ne se récupère pas : elle constitue un coût définitif. Une fois assujetti, vous déduisez la TVA figurant sur vos factures d'achats professionnels de la TVA collectée sur vos ventes, et ne reversez que le solde. Si la TVA déductible dépasse la TVA collectée, vous disposez d'un crédit de TVA, reportable sur les périodes suivantes ou remboursable sur demande.